Les Misérables

1862 - 2012

A l'occasion du 150e anniversaire de la publication du roman de Victor Hugo, je vous propose un parcours au travers de l'œuvre et d'un certain nombre de ses adaptations au cinéma et à la télévision. J'évoque également le travail autour de ce roman avec une classe de CM2 de l'école élémentaire Politzer, à Tremblay-en-France.

ven.

01

juin

2012

Projection du film de Raymond Bernard (2)

L'avis des élèves

  • J’ai bien aimé le film de Raymond Bernard.
  • J’ai aimé quand la police est venue chez les Thénardier et les a ramenés en prison, et j’ai bien aimé quand ils se sont battus contre Jean Valjean et qu’il les a tous battus un par un et la police est venue et Jean Valjean a sauté par la fenêtre pour ne pas que la police l’attrape.
  • Après la police est venue chez lui et ils ont dit « pourquoi tu t’es enfui ? » et après il a dit que ce n’était pas lui, mais c’était lui.

Abdoulaye

  • J’ai trouvé que le film était moins triste que la première partie.
  • J’ai bien aimé quand Jean Valjean a pris Cosette avec lui, et quand ils ont fêté l’anniversaire de Cosette.

Aïcha

  • J’ai bien aimé la deuxième partie des Misérables. En revanche, j’ai préféré la première car il y a eu plus d’émotion et de suspens.
  • Revenons sur la deuxième partie : mes moments préférés sont quand Jean Valjean et Thénardier se revoient et quand Marius va parler de Cosette à son grand-père qui est à vrai dire un peu bizarre.
  • Il y a aussi ceux qui ne m’ont pas tellement plu comme quand Cosette a eu ses seize ans et aussi quand Javert vient chez Jean Valjean avant qu’il ne s’échappe.
  • En additionnant toutes les remarques, je préfère la première partie que la deuxième.

Assia

  • J’ai bien aimé le film de Raymond Bernard, parce qu’il était marrant, triste et il y avait de l’action.

Bilel

  • J’ai adoré le film qu’on a regardé, car Cosette avait reçu sa poupée et Jean Valjean l’amenait avec lui. Surtout, ce que j’ai vu d’étrange, c’est que Cosette, quand elle a grandi, elle ressemble à Fantine, sa mère.
  • Quand Marius est parti chez son grand-père, il l’a reçu, il parlait bizarrement (le grand-père) et il a dit « non », je crois que c’est à cause de son nom de famille (Fauchelevent), alors il lui a dit d’en faire « sa maîtresse ».
  • Parfois dans le film ça coupe. J’ai aimé, quoi ! ça m’a beaucoup plu. Voilà.

Chaïma

  • Le film de Raymond Bernard était intéressant car il y avait des parties qu’il n’y a pas dans le livre. Au début, je n’avais pas trop compris : le film a directement commencé quand Marius vient à la fenêtre. Mais après j’ai compris que Raymond Bernard avait sauté des parties, sinon le film aurait pu être plus long.
  • Je n’ai pas aimé les musiques : elles n’étaient pas extraordinaires.
  • La deuxième partie était mieux car il y avait beaucoup plus d’action.
  • Sinon l’ensemble du film était bien. J’aime Gavroche quand il siffle et quand il parle avec Marius. J’ai aimé cette amitié entre les deux personnages.

Djibril

  • J’ai préféré la première partie du film que la deuxième. Car dans la première partie, le film était plus intéressant et il y avait moins de coupures.
  • Dans la deuxième partie, je n’ai pas vraiment aimé la bataille de Jean Valjean avec les Thénardier à cause de la violence qui m’a dérangée.
  • Par contre, j’ai bien aimé le personnage de Cosette. Car depuis qu’elle a rencontré Jean Valjean, elle a commencé à mûrir et à devenir une vraie femme.

Farah

  • Pour moi, la deuxième partie est plus intéressante que la première. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est lorsque Jean Valjean apporte un cadeau, une poupée à Cosette, et que Éponine et Azelma en étaient jalouses !

Hasna 

  • Je n’ai pas trop aimé ce film car monsieur Gillenormand ne savait pas jouer son rôle.
  • Je n’ai pas non plus tout détesté : la musique était superbe, Gavroche était excellent dans son rôle.

Julien

  • J’ai encore une fois apprécié le film Les Misérables car il était passionnant et il y avait de l’action.
  • J’ai notamment aimé quand Jean Valjean a rencontré Cosette dans la forêt ou quand Marius était devant la fenêtre de chez Cosette.
  • Mes personnages préférés sont Marius et Gavroche. J’aime beaucoup Gavroche car il est très drôle et très gentil.

Kelvin

  • Je n’ai pas trop aimé le film, car j’ai trouvé qu’il a duré trop longtemps et ça m’a ennuyé un peu.
  • J’ai aimé le moment où ils se sont battus, c’est le seul moment où j’ai ri.
  • Le film est moyen, mais toujours intéressant.

Khalid

  • La deuxième partie des Misérables m’a moins plu du fait qu’il y avait trop de coupures. Heureusement que je connaissais l’histoire sinon je me serais perdue.
  • Je n’ai pas aimé les scènes rajoutées comme quand Javert rencontre le père de Cosette et ils se battent car ça lui cause encore plus de problèmes. Mais j’ai aimé la scène où Jean Valjean rencontre Marius car Cosette ne va pas arrêter de le voir.

Meriam

  • Mon avis est que la deuxième partie du film est aussi bien que la première. Comme je l’ai dit, Marius et Cosette font un beau couple. J’aime bien ce moment car ça me fait des papillons dans le cœur. Et j’ai trouvé qu’il y avait une grande ressemblance entre Fantine et sa fille.
  • Ce qui ne me plaît pas, c’est que les Thénardier sont beaucoup trop méchants, mais si Victor Hugo avait écrit une histoire avec des gentils ça ne serait pas intéressant alors que méchants et gentils vont bien ensemble.
  • Puis j’ai trouvé Éponine très amoureuse de Marius, car elle lui range sa chambre tous les jours. Et j’ai adoré Gavroche, il est très marrant et généreux avec ses sœurs, il leur a donné tout son dîner car elles avaient faim.
  • À la fin, ce que j’ai détesté c’est le moment où ils les frappaient, je les voyais souffrir, ils se protégeaient de leurs bras en sang, ils criaient comme des fous, de peur, et Jean Valjean les regardait avec de la peine et il dit : « Ce sont des bagnards. » Voilà le sujet que je tenais à préciser parmi tous les passages, car ça m’a touchée beaucoup.

Naïma

  • J’ai bien aimé la deuxième partie des Misérables.
  • Ce que j’ai vraiment aimé, c’est l’anniversaire de Cosette, et elle ressemble beaucoup à Fantine.
  • Cependant, je n’avais pas imaginé Marius, Cosette, Gavroche et Fauchelevent comme ça. Et aussi M. Thénardier dit beaucoup de gros mots.

Nesrine

  • Je pense que le film était très bien. J’ai apprécié quand Cosette a fêté ses seize ans, elle ressemble beaucoup à sa mère, elle avait la même robe.
  • La maison de Jean Valjean n’est pas comme j’ai imaginé, le jardin est encore plus beau.
  • Gavroche était encore plus bavard que je pensais.
  • Je ne pensais pas que le grand-père de Marius habitait dans une telle maison. J’ai pensé qu’il n’était pas si vieux. Nous n’avons pas dit que son grand-père regardait les parties du corps des femmes avant de les accepter comme employées.
  • En tout cas, j’ai bien apprécié la deuxième partie. Elle exprime la tristesse pour Marius et Cosette, l’amour pour eux, la bagarre pour Jean Valjean, la manipulation pour les Thénardier.

Orokia

  • Mon avis sur la deuxième partie du film Les Misérables de Raymond Bernard, c’est que j’ai aimé le guet-apens, Marius, Cosette et Gavroche. Ce que je n’ai pas apprécié : Javert !

Rayane

  • J’ai bien aimé la deuxième partie du film Les Misérables de Raymond Bernard. C’était drôle !
  • Mes moments préférés, c’est quand Jean Valjean aide Cosette à porter le seau et quand il lui achète la poupée. J’ai trouvé ce passage triste.
  • L’épisode où Gavroche siffle est un de mes moments préférés.
  • Lorsqu’il y a eu le guet-apens entre les Thénardier et Jean Valjean, j’ai adoré, c’était magique et fantastique.
  • Nous n’avons pas trop vu Cosette et Marius ensemble, il n’y avait pas la scène où ils s’embrassaient.
  • Beaucoup de moments étaient enlevés et certains étaient rajoutés. J’aurais bien voulu que ce soit comme dans le livre de Victor Hugo.

Shaïnez

  • J’ai plus apprécié la deuxième partie du film car il y avait plus d’action.
  • La partie qui m’a le plus intéressé, c’est celle où les Thénardier on fait la comédie. C’était drôle.

Sofiane

  • Mon avis sur la deuxième partie des Misérables est que c’est moins bien que la première partir parce qu’on a vu directement les 16 ans de Cosette et on n’a pas vu quand elle et Marius se sont rencontrés au jardin du Luxembourg.

Tichyque

  • J’ai bien aimé le film. J’ai aimé quand Jean Valjean se bagarre contre les hommes de Jondrette.

Valentin

  • Je n’ai pas trop aimé le deuxième épisode du film Les Misérables. Il n’y avait pas beaucoup d’action et je ne comprenais pas trop le film.
  • Moi, où j’ai le plus aimé, c’est quand il ya eu le guet-apens. Mais je ne comprenais pas pourquoi Marius n’a pas tiré pour prévenir la police et Javert.

Youness

0 commentaires

ven.

25

mai

2012

Exposition à la médiathèque Boris Vian

Du 4 au 26 mai 2012, une sélection de dessins réalisés tout au long de l'année par les élèves de CM2 est présentée à la médiathèque. On peut ainsi découvrir une galerie de portraits de Jean Valjean, de Fantine, Cosette, Gavroche, ainsi que plusieurs illustrations des scènes-clefs du roman.

0 commentaires

jeu.

24

mai

2012

Les Misérables au CM2 : l'avis des élèves

Au mois de mai 2012, le réalisateur Vincent ESCRIVE est venu dans la classe de Mme LABAY pour filmer la séance de lecture. Pendant le reste de la journée, chaque élève a ensuite été convié à dire librement, face à la caméra, ce qu'il pense du projet, du roman de Victor Hugo, et à évoquer ses personnages ou passages préférés.

 

Vincent Escrive en a tiré un film de 15 minutes qui sera présenté à la médiathèque de Tremblay-en-France le vendredi 25 mai à 16h30.

 

Pour préparer cette prise de parole devant la caméra, les élèves ont écrit quelques lignes sur papier, que je vous propose de lire ici même.

 

Hervé de La Haye

  • J’aime beaucoup Les Misérables.
  • En plus, M. de La Haye nous l’interprète bien. Mais je trouve parfois cela trop difficile à comprendre. En revanche, il reste mon livre préféré.
  • Avec ma classe, j’ai vu une partie du film en noir et blanc et personnellement, j’ai bien aimé.

Assia

  • J’ai trouvé le livre très triste, surtout quand Cosette était chez les Thénardier, car ils la maltraitaient. J’ai bien aimé quand Cosette et Marius étaient amoureux, même si elle a déménagé et cela était triste. J’ai apprécié quand les Thénardier sont partis en prison, car ils ont été punis.
  • Je n’ai pas aimé quand Fantine est décédée. Et quand j’ai vu le film, j’ai trouvé que c’était plus triste en le lisant.

Aïcha

  • J’aime beaucoup la façon de M. de La Haye quand il nous raconte les histoires de Victor Hugo, parce qu’il prend le ton, la voir, et qu’on se croirait dans l’histoire. Quand il nous pose des questions, j’apprécie, ça nous permet de voir si on a bien compris.

Bilel

  • Les Misérables, c’est une histoire triste qui parle de la pauvreté. En même temps ça parle de la vérité.
  • Cette histoire a toujours du suspense. Elle histoire est lue par plein de gens qui aiment, ça touche du monde qui essaie de la comprendre, de se sentir comme le personnage.
  • J’aime Les Misérables de Victor Hugo !

Chaïma

  • J’aime le projet des Misérables car M. de La Haye consacre beaucoup de temps à nous lire des extraits.
  • Il y a beaucoup de parties que j’aime bien. Ça nous apprend des mots d’autres langages, c’est intéressant.
  • Je préfère le film car je vois les personnages alors que dans la lecture on ne les voit pas, en revanche j’aime quand on doit inventer une histoire dans notre tête.

Djibril

  • J’ai beaucoup aimé le film qu’on a vu à la médiathèque. Je n’imaginais pas les personnages de cette façon. Je les ai vraiment appréciés ces personnages-là. Mais j’ai aussi beaucoup apprécié la lecture.

Farah

  • J’ai bien aimé car Jean Valjean et Marius sont très courageux. Gavroche est drôle. C’était triste quand Éponine, M. Mabeuf et Fantine sont morts. Et Marius va mourir si Cosette ne revient plus…

Hamet

  • C’est un roman que je trouve émouvant. Il parle beaucoup de pauvreté, ce que je trouve plutôt intéressant. Ce livre décrit la vie des gens misérable, comme Fantine, l’un des personnages principaux, qui raconte son destin tragique. Des personnages liés à un même destin !

Hasna

  • Beaucoup trop long, mais ce roman est le plus célèbre de Victor Hugo, son plus lu.
  • Sous l’écriture de Victor Hugo, les personnages et leurs destins se dessinent. On tourne les pages en imaginant à peine la suite, car l’auteur sait nous surprendre.
  • C’est un récit où il y a plein d’action, mais pas seulement. Il est également constitué de réflexions sur la vie, sur les relations des personnages et leurs défauts.
  •  Un chef-d’œuvre à lire de génération en génération.

Julien

  • J’apprécie Les Misérables car ça nous apprend qu’il ne faut pas être méchant avec les pauvres mais au contraire. Mon personnage préféré est Marius car il est gentil et très intelligent. Les personnages que je n’aime pas sont les Thénardier car ils sont méchants et ils ne sont pas discrets. Je n’attends que la suite de l’histoire !

Kelvin

  • Je trouve que le projet sur Les Misérables est intéressant, j’aime tout ce que l’on fait, surtout le film. C’est dommage que le roman ne soit pas drôle.

Khalid

  • J’apprécie vraiment le projet sur Les Misérables, surtout quand M. de La Haye vient lire en classe. J’aime comment il lit. Même si au début j’ai cru que je n’allais pas aimer, je me suis trompé car j’aime beaucoup, surtout le début et ce qui se passe en ce moment (la barricade). Il y a beaucoup d’action et de tristesse.

Meriem

  • Je pense que le projet sur Les Misérables est vraiment bien, car on peut savoir la vie d’autrefois. C’est une histoire romantique, triste, méchante.
  • Ce qui me plaît dans cette histoire c’est que Marius est amoureux de la fille et son père ne veut pas. C’est normal, tous les pères tiennent à leurs enfants.
  • Ce qui me rend triste, c’est qu’Éponine est amoureuse du beau garçon et qu’elle a perdu sa vie pour lui.

Naïma

  • J’ai bien aimé le film Les Misérables, j’ai trouvé qu’il est très détaillé par rapport à la lecture.
  • J’ai bien apprécié les personnages. M. Madeleine, j’ai remarqué qu’il est honnête et gentil. Dès qu’il a repris Cosette chez les Thénardier, j’ai trouvé que c’est très gentil de sa part. Les Thénardier prennent Cosette pour une bonne, ça ne se fait pas.

Nesrine

  • J’ai bien apprécié le projet sur Les Misérables. Ce livre exprime la joie, la colère et la tristesse.
  • Le mot misérable signifie indigent, déshérité, malheureux, méprisable.
  • Grâce à ce projet nous avons un site pour la classe, avec des dessins que la classe a faits sur Les Misérables.

Orokia

  • Les Misérables, j’aime ce livre car il est émouvant.

Rayane

  • J’ai bien aimé l’histoire Les Misérables de Victor Hugo avec M. de La Haye. C’est une histoire intéressante, drôle et touchante. Mes moments préférés sont quand Jean Valjean arrive à Digne et quand il va chercher Cosette chez les Thénardier. J’ai aussi aimé le film de Raymond Bernard. J’espère que nous pourrons continuer Victor Hugo au collège.

Shaïnez

  • C’est captivant de parler des Misérables, comme le personnage de Jean Valjean, qui s’est réincarné en la personne de M. Madeleine et Ultime Fauchelevent.

Tichyque

  • J’ai bien aimé Les Misérables, c’était drôle. Je n’ai seulement pas aimé quand Fantine est morte, c’était triste !
  • Il y avait de l’action. Il y avait une langue qu’on ne connaissait pas et qu’on a appris.
  • J’aime bien le livre Les Misérables de Victor Hugo. Victor Hugo dit dans son livre comment les gens vivaient autrefois. Je ne pensais pas que dans le livre il y aurait de l’action.

Valentin

  • J’ai bien aimé le film, plus que la lecture.
  • Il y a beaucoup d’action, d’amour et d’amitié. J’aime bien quand il y a de l’amour et la barricade.

Youness

0 commentaires

mer.

23

mai

2012

Première partie : FANTINE (suite)

Le découpage en séances

L'établissement du texte qui sera lu en classe commence tout simplement avec un stylo et mon édition de poche, que je rature pour supprimer les passages que je décide de couper (voir photo ci-dessous).

 

Pour une séance de travail d'une heure environ, questions et discussion comprises, le texte lu à voix haute représente à chaque fois un maximum de 25.000 signes. Pour respecter ce calibrage, j'ai commencé par télécharger l'intégralité du roman en mode texte, ce qui m'a permis de fabriquer ma version abrégée des Misérables dans un logiciel de traitement de texte, en mesurant au fur et à mesure chaque épisode jusqu'à obtenir la longueur souhaitée.

 

Assez vite, il m'est apparu que si je voulais me plier à la contrainte initiale de 6 séances pour chacune des parties du roman, il me faudrait dans cette première partie sacrifier totalement « l'affaire Champmatthieu ». Après un moment d'hésitation, j'ai fait le choix que la plupart des scénaristes et adaptateurs ont fait avant moi, celui de rompre l'équilibre des parties en consacrant plus d'espace à la première, quitte à rogner sur les autres pour ne pas déborder de l'objectif que je m'étais fixé, à savoir entre 25 et 30 séances pour parcourir la totalité du roman.

 

J'ai donc conservé l'affaire Champmatthieu et amené à 9 le nombre de séances pour la première partie du roman.

 

L'autre difficulté que j'ai rencontré concerne le début de l'histoire de Fantine, son idylle avec Tholomyès et la naissance de Cosette. Ces événements ne sont qu'à peine esquissés dans le troisième livre, où le récit se concentre sur l'abandon de Fantine par Tholomyès. J'ai donc extrait de ce livre quelques bribes de phrases pour constituer un résumé de cette histoire et permettre aux élèves de comprendre la suite.

 

Ci-dessous, je donne le découpage en 9 séances de la première partie des Misérables. J'indique pour chaque séance les livres et chapitres concernés. Les suppressions de chapitres complets sont signalées. Je donne également, pour chaque séance, la première et la dernière phrase.

 

Ces textes ont été lus à voix haute dans la classe de CM2 de Mme LABAY en novembre et décembre 2011, à raison de deux séances hebdomadaires.

 

Hervé de La Haye

Détail du découpage

Séance 1

Livre deuxième — LA CHUTE

Chapitres I et II.

 

Dans les premiers jours du mois d'octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville de Digne.

— Entrez, dit l'évêque.

Exemple : coupes effectuées dans le texte du livre deuxième, chapitre II.

 

La suppression de la description du travail de l'évêque ne gêne pas la progression du récit ni la bonne compréhension de ce qui va suivre.

Séance 2

Chapitres III à IX. (Suppression des chapitres IV et VIII ; chapitre VII ramené à 1 page.)

 

La porte s'ouvrit.

Voilà ce qui lui était arrivé à Grasse. On a vu de quelle façon il avait été accueilli à Digne.

Séance 3

Chapitres X à XIII

 

Donc, comme deux heures du matin sonnaient à l'horloge de la cathédrale, Jean Valejan se réveilla.

C'était la première fois qu'il pleurait depuis dix-neuf ans.

Séance 4

Livre troisième — EN L'ANNÉE 1817

Chapitres II et IX condensés en quelques lignes.

 

Livre quatrième — CONFIER, C'EST QUELQUEFOIS LIVRER

Chapitres I et III. (Chapitre II supprimé.)

 

Fantine était un de ces êtres comme il en éclôt, pour ainsi dire, au fond du peuple.

Seulement la pauvre alouette ne chantait jamais.

Séance 5

Livre cinquième — LA DESCENTE

Chapitres I à VII

 

Cette mère cependant qui, aux dires des gens de Montfermeil, semblait avoir abandonné son enfant, que devenait-elle ? où était-elle ? que faisait-elle ?

Le métier était tout nouveau pour Fantine, elle n'y pouvait être bien adroite, elle ne tirait donc de sa journée de travail que peu de chose, mais enfin cela suffisait, le problème était résolu, elle gagnait sa vie.

Séance 6

Chapitres VIII à XIII

 

Quand Fantine vit qu'elle vivait, elle eut un moment de joie.

Elle regarda comme hébétée cet homme qui lui parlait.

Puis elle s'évanouit.

Séance 7

Livre sixième — JAVERT

Chapitres I et II

 

Livre septième — L'AFFAIRE CHAMPMATTHIEU

Chapitre I. (Chapitre II supprimé).

Chapitre III ramené à 1 page.

Chapitres IV et V supprimés

Chapitre VI.

 

M. Madeleine fit transporter Fantine à cette infirmerie qu'il avait dans sa propre maison.

— Mon enfant, dit la sœur, tâchez de vous reposer maintenant, et ne parlez plus.

Séance 8

Chapitres VII à X. (Chapitre VIII ramené à 1 ligne : « Il était dans la salle d'audience. »)

 

Il était près de huit heures du soir quand la carriole entra sous la porte cochère de l'hôtel de la Poste à Arras.

 

Le président, l'avocat général, M. Bamatabois, vingt personnes, le reconnurent, et s'écrièrent à la fois :

— Monsieur Madeleine !

Séance 9

Chapitre XI

 

Livre huitième — CONTRE-COUP

Chapitres I à V (chapitre III supprimé).

 

C'était lui en effet.

 …

Elle fut jetée à la fosse publique. Sa tombe ressemble à son lit.

0 commentaires

mar.

22

mai

2012

Première partie : FANTINE

Première lecture

C'est finalement au début du mois de novembre 2011 que le cycle de lectures a commencé. À la rentrée de septembre, Mme Labay n'était pas certaine que ces élèves soient prêts, dès le début de l'année, à être lancés dans ce projet ; ce délai supplémentaire m'a donné le temps de travailler à l'établissement du texte et de me préparer à l'exercice toujours périlleux de la lecture à voix haute.

 

Peut être par inconscience, je n'étais pas inquiet devant la difficulté qu'allait représenter le style de Victor Hugo pour des élèves de CM2 ; ce qui me préoccupait, c'était le découpage de la première partie du roman.

 

Chacune des cinq parties du roman est divisée en un certain nombre de livres. Le premier livre de cette première partie, qui raconte la vie de l'évêque Myriel, pouvait à l'évidence être supprimé dans sa totalité (71 pages dans l'édition Folio que j'utilise). Cela me permettait de consacrer la toute première lecture à l'arrivée de Jean Valjean à Digne, au début du livre deuxième, jusqu'au moment où il frappe à la porte de l'évêque.

 

De ce deuxième livre, j'ai conservé le premier chapitre presque inchangé. Comme il me fallait tout de même couper quelques pages pour des raisons de durée, j'ai éliminé l'une des stations du calvaire de Jean Valjean (l'arrêt dans la seconde auberge, qui m'a semblé la plus redondante des étapes de ce parcours). J'ai également coupé un paragraphe racontant l'histoire de la première auberge et de son propriétaire, et le moment où Jean Valjean quitte la ville, erre quelque temps puis y entre à nouveau. Pour le reste, je n'ai pas modifié une seule phrase ni un seul mot. Dans le second chapitre, j'ai élagué plus généreusement pour arriver aussi rapidement que possible, une fois les personnages posés, au moment où l'on frappe à la porte. La première séance était prête !

Un matin de novembre, à Tremblay-en-France, j'ai donc pris le chemin de l'école élémentaire Politzer, mon premier volume des Misérables sous le bras, partant à la rencontre d'une classe de CM2.

 

Je ne savais pas comment cette première longue lecture serait accueillie par les élèves. Ce lent parcours d'un inconnu à la recherche d'un abri allait-il retenir leur attention ? Dès les premières minutes, il devint évident que oui, tant le silence attentif s'était installé, et durablement. Le style de Hugo passerait-il ? Peu sûr de moi, j'ai souvent, au cours de ma lecture, improvisé l'ajout de mots de liaison, notamment de « mais » destinés à augmenter l'intensité dramatique du texte, ce que j'ai progressivement abandonné. À la fin de cette première séance avec la classe, un moment d'échange, sous forme de questions et de réponses allant de part et d'autres — questions aux élèves pour sonder ce qu'ils avaient compris, questions des élèves sur quelques éléments de vocabulaire — a terminé de montrer que le projet était sur les rails et qu'il ne restait plus qu'à avancer.

Portraits de Jean Valjean

À la suite de cette première lecture du cyle, Mme LABAY a demandé à ses élèves de dessiner un portrait de Jean Valjean le jour de son arrivée à Digne. Je vous propose d'en découvrir un large éventail.

 

À ma grande surprise, des mois après, j'ai découvert que Valentin, l'un des élèves, s'était brillamment inspiré d'une gravure de l'époque de Victor Hugo, due à Gustave Brion ; je la reproduis ici également.

 

Hervé de La Haye

 

0 commentaires

mar.

01

mai

2012

Les Misérables (1935), film de Richard Boleslawski

Fiche technique

Avec Fredric MARCH (Jean Valjean) • Charles LAUGHTON (Javert) • Sir Cedric HARDWICKE (Monseigneur Bienvenu) • Rochelle HUDSON (Cosette) • John BEAL (Marius) • Frances DRAKE (Éponine).

Réalisé par  Richard BOLESLAWSKI
Producteurs délégués  William GOETZ et Raymond GRIFFITH
Scénario  W. P. LIPZCOMB
Chef opérateur  Gregg TOLAND, A.S.C.
Direction artistique  Richard DAY
Montage  Barbara McLEAN
Direction musicale  Alfred NEWMAN
Son  Frank MAHLER, Roger HEMAN
Costumes  Omar KIAM
Assistant réalisateur  Eric STACEY
Produit par  Darryl ZANUCK

 

Durée : 108 min. Sorti aux États-Unis le 20 avril 1935.

Alors que le film de Raymond Bernard est diffusé sur les écrans français mais pas encore sorti aux États-Unis (il n'y sera projeté qu'en 1936), Darryl Zanuck produit pour la 20th Century Fox la première adaptation américaine des Misérables depuis le début du cinéma parlant. La réalisation du film est confiée à Richard Boleslawski. Cinéaste américain d'origine polonaise, élève de Stanislavski, auteur de deux films polonais qui émigra à la suite de la révolution russe, Boleslawski s'est illustré comme metteur en scène à Broadway avant de revenir derrière la caméra. Réalisateur prolifique (il signe dix-sept films entre 1930 et 1937), il se spécialiste dans les productions historiques de prestige, la plupart produites par la MGM.

Les acteurs

Le film concentre l'essentiel de ses enjeux autour de l'opposition entre Jean Valjean et Javert, qui sont interprétés par deux immenses acteurs de l'époque.

Jean Valjean (Fredric MARCH)
Jean Valjean (Fredric MARCH)

Le rôle de Jean Valjean est confié à Fredric March, mémorable Jekyll & Hyde du film de Rouben Mamoulian, mais également comparse de Gary Cooper et Miriam Hopkins dans Sérénade à trois. Il incarne avec beaucoup de présence le personnage dont le film fait son héros ; le Jean Valjean de Fredric March est à la fois plus jeune, plus expansif, plus combatif que celui de Victor Hugo. Le scénario fait d'ailleurs disparaître toutes les circonstances du roman où Jean Valjean échoue (ses évasions manquées, son périple pour Arras, semé de contretemps, sa capture, et bien sûr le guet-apens dans la masure Gorbeau).

Javert (Charles LAUGHTON)
Javert (Charles LAUGHTON)

Charles Laughton compose un Javert très personnel, dont la rigidité extrême laisse tout juste transparaître une cruauté qui ne s'exprime jamais directement. Son face-à-face final avec Jean Valjean est le seul moment du film où il semble laisser ses émotions prendre le dessus et Charles Laugton y domine totalement Fredric March, bien que Jean Valjean soit en principe le personnage-clef de cette scène. La même année, Laughton s'illustre dans Les Révoltés du Bounty et L'Extravagant M. Ruggles, deux films qui ont profondément marqué sa carrière et pour lesquels il recevra une récompense.

La structure

D'une durée inférieure à deux heures, le film propose évidemment une version très ramassée du roman de Victor Hugo, recentrée sur le personnage de Jean Valjean. Le film est découpé en trois parties séparées par des intertitres, dont le texte dit explicitement que nous suivons le récit de la vie de Jean Valjean.

  • La première partie du film est consacrée au passé de Jean Valjean et à sa rencontre avec l'évêque de Digne.
  • La seconde partie du film débute avec la nomination de M. Madeleine comme maire de Montreuil-sur-Mer, et s'achève sur l'arrivée à Paris de Jean Valjean et Cosette, qui se cachent dans un couvent pour échapper à la police.
  • La troisième partie du film raconte la rencontre entre Cosette et Marius, leur amour naissant, et l'éclatement de l'insurrection qui conduit Jean Valjean à sauver la vie de Marius.

 

L'évêque fait don des chandeliers à Jean Valjean
L'évêque fait don des chandeliers à Jean Valjean

Comme dans la plupart des adaptations brèves, la part belle est donc laissée à la première partie du roman (« Fantine »), qui occupe en durée la moitié du film. La succession des événements connaît toutefois une entorse surprenante : Jean Valjean va chercher Cosette à Montfermeil avant l'affaire Champmatthieu et la mort de Fantine ; on a donc la surprise d'assister, dans cette version, à une scène inédite chez Hugo : les retrouvailles entre l'enfant et sa mère mourante.

 

La seconde partie du roman (« Cosette ») est très simplifiée. On peut regretter que l'une des scènes les plus célèbres de l'œuvre (la rencontre de Jean Valjean et Cosette) soit à ce point réécrite ; mais il serait juste d'ajouter que la jeune actrice qui tient le rôle de Cosette enfant n'est guère convaincante. Boleslawski et son scénariste réussissent en tout cas le tour de force de concentrer l'essentiel de cette seconde partie en une séquence de trois minutes. On n'aperçoit que fugitivement les Thénardier ; on ne les reverra plus.

La troisième partie du roman (« Marius ») disparaît presque totalement ; il n'en subsiste que la rencontre entre Marius et Cosette. La quatrième et la cinquième partie sont fortement recomposées pour les besoins du scénario. Le choix le plus douloureux pour l'amateur de Hugo reste la disparition complète du personnage de Gavroche.

L'imagerie hollywoodienne

Ce qui surprend le plus, à la première vision du film, c'est un élément dont il est difficile de déterminer s'il s'agit d'une erreur de lecture du roman ou d'un choix esthétique : on nous montre Jean Valjean effectuer sa peine de « galérien »… aux galères. Quelques minutes après le début du film surgissent des visions qui frappent l'imaginaire : à fond de cale, maigres, portant de longues barbes, les condamnés rament au rythme d'un gong et au moindre signe de relâchement, les coups pleuvent avec une violence inouïe. On est plus près de Ben Hur que des Misérables, mais il n'est pas certain que cela aurait déplu à Victor Hugo. En tout cas, le ton est donné : le film est une production hollywoodienne, il ne faut y chercher ni la fidélité au roman, ni la fidélité aux réalités historiques du temps ; mais le spectacle sera de premier ordre.

Extrait : Jean Valjean aux galères

La tonalité du film s'éloigne à plusieurs reprises de celle du roman. Ainsi la lente traque de Jean Valjean et Cosette par la police dans les rues de Paris (À chasse noire, meute muette) trouve-t-elle son expression cinématographique sous forme d'une course-poursuite haletante qui oppose Jean Valjean et Cosette à bord d'une carriole et les chevaux de Javert et de ses agents.

 

Plus d'une fois, le spectateur français s'étonnera des incohérences historiques qui pointent çà et là (la mairie de Montreuil-sur-Mer arborait-elle réellement la mention « République française » sous la restauration ?). Proche du ridicule est la revendication qui devient à l'origine de la révolte étudiante : loin d'être une insurrection d'inspiration républicaine (le film ne dit à aucun moment sous quel régime politique se trouve la France à l'époque), il s'agit d'un mouvement pour la défense du droit des anciens forçats !

 

Dès sa première apparition, Marius annonce clairement sa position, qui est celle du film : « Nous ne sommes pas des révolutionnaires, nous ne faisons pas de politique. » Tout semble se passer comme si le scénariste avait volontairement évacué le propos politique du roman, en tout cas sa teneur révolutionnaire, quitte à le remplacer par n'importe quoi d'autre.

 

En particulier, on voit disparaître du film toute notion de classe, si importante chez Hugo. Dans le roman, au fond de sa misère, Thénardier crache à Jean Valjean que sa famille et lui-même ont été des bourgeois, eux ; et à plusieurs reprises, il reproche à Jean Valjean de se déguiser en pauvre.

Éponine, Marius et Cosette
Éponine, Marius et Cosette

Dans ce film, tous les personnages semblent appartenir à la bourgeoisie. Ainsi le face-à-face entre Fantine et M. Madeleine est-il tout autre ; loin d'être accablée, Fantine fait une entrée théâtrale dans le bureau du maire pour lui dire sa façon de penser. Le crachat qu'elle lui lance n'est plus l'insulte désespérée que jette une moins que rien à un notable, mais un geste de défi dirigé par une femme contre un homme de pouvoir.

 

Quant à Éponine, elle n'est plus la fille Thénardier qui aime Marius en secret, mais une jeune femme qui fait partie du même groupe d'étudiants que Marius, qui est peut-être même sa compagne, et qu'il délaisse pour Cosette.

On peut s'offusquer de tout cela, mais rien n'y fait : les images de l'insurrection sont d'une grande puissance dramatique, autant que la harangue du jeune John Carradine dans le rôle fugitif d'Enjolras, autant que la descente de Jean Valjean dans les égouts. De bout en bout, la mise en scène rattrape haut la main les choix contestables du scénario.

Un parcours christique

La lecture très partielle que le film de Boleslawski rend de Victor Hugo a également le mérite de saisir certains des fils qui parcourent l'œuvre et de les tirer jusqu'au bout.

 

D'une part, comme souvent dans le cinéma hollywoodien, la psychologie des personnages est mise en avant, les motivations sont exprimées, expliquées, généralement par le dialogue. Les agissements de Javert deviennent ainsi la pure application d'un principe clairement énoncé au début du film.

Mais ce travers a également des conséquences intéressantes car il rend visible (et exploitable sur le plan dramatique) un élément qui n'est présent chez Hugo que de manière feutrée — je veux parler de la jalousie de Jean Valjean. Dans le film, Jean Valjean jaloux accuse Cosette de l'abandonner pour Marius. Cosette, surprise, lâche « Mais… je vous considère comme mon père. » Cette scène stupéfiante, filmée comme le cinéma américain filme les dialogue amoureux, avec le visage des deux acteurs en gros plan dans le même cadre, à quelques centimètres l'un de l'autre, comme si à tout instant la séquence pouvait se clore sur un baiser libérateur, est d'une force rare, dérangeante et fascinante à la fois. Jean Valjean n'étant pas, dans ce film, le personnage naïf dépeint par Victor Hugo, il n'en apparaît que plus égoïste et presque manipulateur (a-t-il pris Cosette sous sa protection dans l'idée d'en faire sa femme ?).

D'autre part, le sous-texte religieux du roman est habilement restitué, non dans le dialogue, qui reste discret, mais à l'image (les symboles religieux sont omniprésents ; dès son procès Jean Valjean est sous la protection symbolique d'un Christ en croix) et dans la bande sonore. À Paris, c'est en entendant sonner les cloches d'une église de Jean Valjean a l'idée qui leur permettra, à Cosette et lui, de se cacher.

 

Quant à la partition du film, composée et dirigée par Alfred Newman, elle est peu abondante en quantité mais frappe lorsqu'elle accompagne les séquences-pivots qui conduisent aux intertitres. Graphiquement, ces panneaux qui indiquent le découpage du film sont illustrés d'une image montrant la silhouette de Valjean, bâton à la main, au sommet d'un tertre, entouré de rayons solaires. Musicalement, ils sont illustrés par une musique pour chœurs et orchestre, dont l'emphase s'associe aux images pour confèrer au film des accents de fresque biblique. La barbe christique de Jean Valjean dans la première partie du film prend alors tout son sens.

 

Tout cela pourra surprendre les admirateurs du film de Raymond Bernard, plus sobre, plus subtil, plus scrupuleux. Mais par ses choix radicaux, la version de Richard Boleslawski s'impose comme l'une des adaptations les plus saisissantes du roman ; il est donc infiniment regrettable qu'elle soit inédite en DVD en France.

 

En 1952, ce film a fait l'objet d'un curieux remake signé Lewis Milestone sur lequel reviendrons prochainement.

 

Hervé de La Haye

0 commentaires

mer.

11

avril

2012

Exposition à l'école Politzer

Depuis le début du travail avec la classe de CM2 de Mme Labay, en novembre 2011, les élèves ont réalisé un grand nombre de dessins, qui illustrent les moments-clefs des Misérables ou sont le portrait des principaux personnages du roman. À l'extérieur de la salle de classe, un vaste panneau d'affichage a été mis en place pour présenter des éléments de ce travail ; cette exposition est ainsi en permanente évolution. Voici à quoi elle ressemblait le matin du 22 mars 2012.

Vue d'ensemble
Vue d'ensemble
0 commentaires

lun.

02

avril

2012

Principales adaptations des Misérables

Le roman de Victor Hugo a donné lieu à d'innombrables adaptations au cinéma, à la télévision, en dessin animé, au théâtre et même en comédie musicale. En proposer un recensement intégral représenterait un travail de recherche de longue haleine que je n'ai pas les moyens de conduire aujourd'hui ; je vous propose néanmoins, après un tour d'horizon des principales adaptations au cinéma et à la télévision (25 versions recensées ci-dessous), de vous guider au cours des prochaines semaines parmi une dizaine de versions marquantes.

 

Hervé de La Haye

 

Sources principales :

• 1909 : film américain (muet) de J. Stuart BLACKTON

Avec William V. Ranous (Javert) et Maurice Costello (Jean Valjean).

Durée : inconnue.

• 1912-1913 : film français (muet) d'Albert CAPELLANI en quatre épisodes

Avec Henry Krauss (Jean Valjean), Gabriel de Gravone (Marius) et Marie Ventura (Fantine).

Durée totale : 2h08.

Dans ce film, c'est la célèbre chanteuse Mistinguett qui tient le rôle d'Eponine. Un coffret DVD paru récemment contient une sélection de films de Capellani, malheureusement, Les Misérables n'en fait pas partie.

• 1917 : film américain (muet) de Frank LLOYD

Avec William Farnum (Jean Valjean) et Hardee Kirkland (Javert).

Durée : 1h40.

• 1925 : film français (muet) de Henri FESCOURT, en quatre épisodes

Avec Gabriel Gabrio (Jean Valjean) et Jean Toulout (Javert).

Durée totale : 5h59.

Les dimensions de ce film, d'une durée exceptionnelle, expliquent sans doute largement qu'il ne soit pratiquement plus diffusé, bien que souvent cité, et qu'il reste inédit en DVD. On en trouve assez facilement des extraits sur Internet, qui montrent de très belles séquences.

 

• 1931 : JEAN VALJEAN, film japonais de Tomu UCHIDA

Avec Nobuo Asama, Shiro Ezawa et Takako Irie

• 1934 : film français de Raymond BERNARD

Avec Harry Baur (Jean Valjean) et Charles Vanel (Javert).

Film en trois parties (durée totale : 4h24).

De mon point de vue, la meilleure adaptation possible. Harry Baur est stupéfiant, les décors et les images sont magnifiques, c'est LE film qui donne vie aux personnages de Victor Hugo.

Fredric MARCH
Fredric MARCH

1935 : film américain de Richard BOLESLAWSKI

Avec Fredric March (Jean Valjean) et Charles Laughton (Javert).

Durée : 1h48.

Le roman de Hugo concentré dans un film d'à peine deux heures. Version mythique mais totalement introuvable en France.

 

• 1944 : film mexicain de Fernando A. RIVERO

Avec Domingo Soler (Juan Valjean) et Manolita Saval (Cosetta).

Durée : inconnue.

• 1944 : EL BOASSA, film égyptien de Kamal SELIM

Avec Abbas Fares et Amina Rizk.

Durée : inconnue.

• 1948 : L'ÉVADÉ DU BAGNE, film italien de Riccardo FREDA

Avec Gino Cervi (Jean Valjean), Valentina Cortese (Fantine/Cosette) et Giovanni Hinrich (Javert).

Durée : 2h20. Existe également une version en deux parties (durée totale : 3h08).

Version italienne, par le futur réalisateur du Géant de Thessalie et Maciste en enfer. Dans le rôle de Jean Valjean, on remarque Gino Cervi, surtout connu en France pour son interprétation de Peppone dans Le petit monde de Don Camillo et ses suites.

• 1952 : LA VIE DE JEAN VALJEAN, film américain de Lewis MILESTONE

Avec Michael Rennie (Jean Valjean), Robert Newton (Javert) et Debra Paget (Cosette).

Durée : 1h45.

Cette version est un remake du film de Richard Boleslawski (1935).

Jean GABIN
Jean GABIN

• 1958 : film français de Jean-Paul LE CHANOIS

Avec Jean Gabin (Jean Valjean) et Bernard Blier (Javert père et fils).

En deux parties (durée totale : 3h15).

Version honnête, co-signée par René Barjavel et devenue un classique, mais moins brillante que celle de Raymond Bernard, et peut-être moins fidèle à l'esprit du roman.

• 1961 : JEAN VALJEAN, film coréen de SEUNG-HA JO

Avec Seung-Ho Kim, Su-il Bang et Hye-jeong Kim

Durée : inconnue

• 1964 : mini-série italienne

Avec Gastone Moshin (Jean Valjean), Antonio Battistella (Thénardier) et Giulia Lazzarini (Cosette)

10 épisodes (durée inconnue)

• 1967 : mini-série britannique

Avec Frank Finlay (Jean Valjean) et Anthony Bate (Javert)

Durée : 10 épisodes de 50 min

François MARTHOURET
François MARTHOURET

• 1972 :  téléfilm français de Marcel BLUWAL en deux parties

Avec Georges Géret (Jean Valjean), Bernard Fresson (Javert) et François Marthouret (Marius)

Durée totale : 4h05

Le roman est adapté dans une chronologie bouleversée mais sans en être dénaturé. Le résultat est surprenant et d'une grande force grâce à quelques choix audacieux ; le personnage de Marius prend ainsi le pas sur celui de Jean Valjean. Encore aujourd'hui, c'est sans doute la version la plus moderne de toutes. Et Javert est absolument formidable.

• 1978 : téléfilm britannique de Glenn JORDAN

Avec Richard Jordan (Jean Valjean), Anthony Perkins (Javert) .

Durée : 2h30.

• 1979 : dessin animé japonais de Keiji KISAOKA

Durée : 1h10 (pour sa diffusion en France, ce téléfilm a été découpé en 17 épisodes de 5 min).

Cette production japonaise du studio Toei Animation, destinée à la télévision, a été diffusée sous forme de série en France en 1981, avec un générique français interprété par Chantal Goya (toute une époque…).

Ce dessin animé qui reste inédit en DVD est pourtant une adaptation remarquablement ramassée et efficace, qui mérite d'être redécouverte.

• 1982 : film français de Robert HOSSEIN

Avec Lino Ventura (Jean Valjean), Jean Carmet (Thénardier) et Michel Bouquet (Javert).

Durée : 3h03 (version TV : 3h50).

• 1991 : LES MISÉROÏDES, sketch télévisé des INCONNUS

Avec Didier Bourdon (Jean Valjean), Bernard Campan (Thénardier ; Gavroche) et Pascal Légitimus (Javert).

Durée : 5 min.

Sous la forme d'une fausse bande-annonce parodiant les films d'action dont Jean-Claude Van Damme était la vedette à l'orée des années quatre-vingt-dix, les Inconnus proposent une vision toute personnelle des principales figures du roman.

• 1992 : série de dessins animés pour la télévision de Thibaut CHATEL

26 épisodes de 26 min.

Production française (studio Animage), graphiquement médiocre, et très contestable sur le plan du scénario. Le politiquement correct a frappé fort : puisque c'est un programme destiné aux enfants, l'histoire se termine sur un happy end (Gavroche ne meurt pas ; Jean Valjean ne meurt pas, il retourne à Montreuil-sur-Mer, où il est accueilli à bras ouverts et élu maire à nouveau !).

Jean-Paul BELMONDO
Jean-Paul BELMONDO

• 1995 : film français de Claude LELOUCH

Avec Jean-Paul Belmondo (Jean Valjean).

Durée : 2h55.

C'est la version la plus libre, la plus éloignée du roman, mais pas la moins intéressante. Lelouch entremêle les lieux et les époques, établissant un parallèle entre le destin de son héros sous l'Occupation et celui de Jean Valjean.

• 1998 : film américain de Billie AUGUST

Avec Liam Neeson (Jean Valjean), Geoffrey Rush (Javert), Uma Thurman (Fantine) et Claire Danes (Cosette adulte).

Durée : 2h14.

• 2000 : mini-série française de Josée DAYAN

Avec Gérard Depardieu (Jean Valjean), Christian Clavier (Thénardier) et John Malkovitch (Javert).

Durée : 4 épisodes de 1h30.

• 2012 : film américain de Tom HOOPER

Avec Hugh Jackman (Jean Valjean) et Russel Crowe (Javert).

Film actuellement en tournage, qui doit sortir en France en février 2013. Tom Hooper est le jeune réalisateur du Discours d'un roi. Son film est une version filmée de la comédie musicale de Broadway Les Misérables, elle-même tirée de la comédie musicale française de Claude-Michel Schönberg et Alain Boublil.

0 commentaires

jeu.

29

mars

2012

Quelques dessins des élèves

Depuis le début de la lecture des Misérables dans la classe de CM2 de Mme LABAY, les élèves ont été invités à réaliser plusieurs dessins inspirés de certains passages du roman. Pour illustrer le blog, chacun a choisi parmi ses dessins celui qu'il souhaitait voir figurer ici. Nous découvrons donc, avec beaucoup de variations, d'invention et parfois un talent réel 21 illustrations consacrées aux thèmes suivants :

— Jean Valjean sur la route de Digne ;

— Javert, l'inspecteur de police de Montreuil-sur-Mer ;

— Fantine a besoin d'argent (elle vent ses cheveux, puis ses dents) ;

— Cosette transformée par son séjour chez les Thénardier ;

— Jean Valjean et Cosette en route pour Paris ;

— le coup de foudre de Marius aux jardins du Luxembourg (la scène qui a le plus inspiré les élèves) ;

— Marius pense à la jeune fille ;

— le guet-apens dans la masure Gorbeau.

5 commentaires

mar.

27

mars

2012

Les Misérables au CM2 ? (suite)

Construction du projet

Au cours de l'été 2011, j'ai donc relu Les Misérables, dans la belle édition établie par Yves Gohin, en tâchant de garder à l'esprit la question suivante : quel programme de lecture pouvais-je élaborer pour une classe de CM2 ?

 

Mon idée initiale était d'effectuer une sélection de pages célèbres et de proposer, tout au long de l'année, la lecture de ces extraits, encadrée par une mise en contexte et un résumé oral des chapitres intermédiaires, sachant que je m'imposais la même contrainte que pour les nouvelles de Maupassant : donner une lecture de Victor Hugo où le texte ne soit ni simplifiée ni édulcoré — autant que possible, intact.

 

À l'échelle des différents livres qui constituent les cinq parties du roman, ma lecture a conforté cette hypothèse de travail : Hugo est généreux en digressions, souvent de dimensions impressionnantes ; les chapitres consacrés à la bataille de Waterloo, à l'histoire des égouts de Paris ou aux origines d'un ordre religieux fictif pouvaient tout entiers passer à la trappe sans regret, bien que j'y aie trouvé mon plaisir de lecteur adulte.

Mais une fois enlevées ces digressions, restait un roman-feuilleton gigantesque qui me semblait encore supérieur à la somme de ses parties. En isoler des pages célèbres, fabriquer en quelque sorte le Lagarde et Michard des Misérables, cela me déplaisait : qu'est la rencontre avec Cosette dans le bois de Montfermeil si elle est coupée de la longue marche de Jean Valjean depuis Digne et sa rencontre avec Petit-Gervais ? Qu'est la tempête sous le crâne de M. Madeleine sans l'écho qu'elle trouve dans le dilemme de Marius hésitant entre sauver sa bien-aimée et honorer le serment à son père, et le déchirement de Javert face à son devoir d'arrêter l'homme à qui il doit la vie ?

 

En fin de compte, construire une anthologie des grandes scènes des Misérables aurait largement entamé l'impact dramatique de ces scènes, solidaires d'une structure plus vaste qui leur donne toute leur force.

 

Après mûre réflexion, j'ai donc abandonné cette idée et commencé à constituer une véritable édition abrégée du roman à destination d'une classe de CM2 et destinée à être lue à voix haute pendant une année. Coïncidence utile, l'année scolaire se divise en cinq période comme le roman est constitué de cinq parties. Il devenait possible, à raison d'une séance hebdomadaire d'une heure, de concentrer l'essentiel de chaque partie du roman sur cinq ou six lectures — donc, de balayer le roman complet au cours de toute l'année, avec une trentaine d'interventions environ.

 

C'est le projet que j'ai présenté à Mme Labay, qui l'a accueilli avec enthousiasme, et à la médiathèque, qui m'a donné le feu vert.

 

Sans renier l'ambition de lire aux élèves le véritable texte d'Hugo et non une version frelatée, je me suis alors consacré au travail d'orfèvre consistant à condenser les chapitres qui m'intéressaient. Le calvaire de Jean Valjean à Digne, chassé de toutes les maisons, pouvait être soulagé d'une ou deux stations sans que le sens général du récit n'en soit altéré. Au cours de ce travail, j'ai toujours privilégié la suppression d'une page à celle d'un paragraphe, la suppression d'un paragraphe à celle d'une phrase, la suppression d'une phrase à celle d'un mot.

 

Le résultat (que je publierai ultérieurement sur ce blog) n'est donc ni une suite d'extraits, ni une réécriture destinée à la jeunesse : c'est une édition abrégée qui respecte la densité et le rythme du roman de Victor Hugo, et sous une forme, ne l'oublions pas, destinée avant tout à être lue à voix haute — sachant que j'allais devoir me faire l'aède des Misérables, j'ai également pris en compte la connaissance que j'avais de mes qualités et défauts de lecteur, pour construire un objet littéraire avec lequel j'allais être à l'aise. J'ai ainsi largement sacrifié, en fin de compte, le chapitre « Tempête sous un crâne », dont je n'ai gardé que quelques lignes, car je ne pensais pas pouvoir le faire vivre à voix haute ; à l'inverse j'ai largement conservé les hésitations nocturnes de Jean Valjean dans la chambre de l'évêque parce que je savais exactement comment j'allais donner vie à ce passage. En quelque sorte, j'ai construit la route devant moi, livre à livre, en espérant trébucher le moins possible.

 

Restait une inconnue de taille : les élèves allaient-ils me suivre ?

 

Hervé de La Haye

0 commentaires

sam.

24

mars

2012

Projection du film de Raymond Bernard

Première époque : Tempête sous un crâne

Le matin du jeudi 8 mars, la classe de CM2 de Mme Labay est venue à la médiathèque Boris Vian pour assister à la projection de la première partie du film de Raymond Bernard Les Misérables (1934).

 

Dès le démarrage du projet, j’avais en tête l’idée de montrer aux élèves une adaptation cinématographique du roman et je songeais au film de Raymond Bernard, à mes yeux le plus beau, le plus fidèle – le meilleur. De surcroît, les confronter à un film ancien, en noir et blanc, esthétiquement à mille lieues des films qu’ils ont l’habitude de voir, me semblait en parfaite cohérence avec le projet.

 

Au début du cycle de lecture, Mme Labay a insisté auprès des élèves pour qu’en écoutant le texte, ils se fassent à chaque fois leur propre représentation mentale, construisant comme un film dans leur tête. Il me semblait qu’après plusieurs mois de lecture, ces représentations subjectives ayant eu le temps de se développer et de mûrir, placer les élèves face à la vision élaborée par un cinéaste pouvait être une expérience fructueuse. Elle le fut.

 

Dans les jours qui ont suivi cette première séance de projection, les élèves ont été invités à rédiger une page, à partir de la consigne suivante : Donne ton avis sur le film Les Misérables de Raymond Bernard et compare-le avec les lectures du texte de Victor Hugo.

 

Ci-dessous, un aperçu des productions écrites des élèves.

L'avis des élèves

  • J’ai bien aimé ce film, car il est bien fait, même si les personnages ne sont pas tout à fait comme l’explique Victor Hugo.
  • En revanche, quand on compare le livre et le film, on remarque que le livre est plus compliqué à comprendre que le film.
  • Je suis très contente d’avoir vu le film car j’ai enfin compris certains passages.
  • J’ai bien envie de voir les autres films des Misérables pour savoir lequel je préfère. Le film de Raymond Bernard était génial, j’étais vraiment dedans, même si la classe rigolait parfois pour rien, la majorité a sûrement aimé.

Assia

  • Le film de Raymond Bernard, j’ai bien aimé car il ne met que les moments les plus intéressants.
  • Mes meilleurs moments dans le livre de Victor Hugo sont quand Jean Valjean part récupérer Cosette et en même temps il va à Arras pour se dénoncer.
  • Les acteurs du film de Raymond Bernard m’ont plu. J’ai bien aimé les personnages car je ne les imaginais pas comme ça.

Djibril

  • Je n’ai pas aimé le film Les Misérables. Jean Valjean, je le pensais plus jeune, un peu moins gros, et Cosette je l’avais imaginée un peu plus âgée.
  • Je préfère la lecture, en plus les personnages étaient mieux faits dans le film que j’avais imaginé en écoutant la lecture.

Julien

  • Le film m’a beaucoup touché car je n’imaginais pas qu’il serait avec si peu d’action et aussi court.
  • Il y avait dans le texte des passages intéressants comme la vente des cheveux et des dents de Fantine. Certains passages n’apparaissent pas dans le film, donc j’ai été déçu, mais j’ai bien aimé !
  • Je n’imaginais pas les personnages comme dans le film, Cosette par exemple était grande pour son âge.

Kelvin

  • J’ai trouvé que le film était bien, du fait qu’il manquait des parties, comme lorsque Fantine n’avait pas les cheveux longs dès le début du film, ou Cosette je ne l’imaginais pas comme ça, ni Éponine et Azelma. Quant à Javert, je l’imaginais encore plus méchant !
  • Ma partie préférée est quand Jean Valjean se dénonce et quand il défend Fantine ; aussi quand il a sauvé le père Fauchelevent.

Meriam

  • J’ai trouvé le film très proche de la lecture du texte. Et tous les personnages étaient ceux que j’imaginais. Mais j’aurais préféré que le film soit en couleurs. Puis cela m’a permis de voir un film très ancien et cela m’a beaucoup plu.
  • Fantine me faisait de la peine parce qu’elle voulait tellement voir sa fille, elle demandait toujours si M. Madeleine allait venir avec sa fille ; la pauvre est morte en voyant Javert car elle pensait que Javert allait l’arrêter et elle est morte en chantant une berceuse pour Cosette.

Naïma

  • J’ai bien aimé voir le film des Misérables, mais j’aurais voulu qu’on finisse ! Cependant, ça m’a permis de voir que ma représentation mentale n’était pas fausse.

Nesrine

  • J’ai bien aimé le film que nous avons vu à la médiathèque, il était très bien et détaillé. Mon passage préféré, c’est quand Jean Valjean arrive à Digne.
  • En ce qui me concerne, le film réalisé par Raymond Bernard et la lecture du texte de Victor Hugo m’ont beaucoup touchée. J’espère que nous irons voir la deuxième partie du film.

Shaïnez

  • Mons avis sur Les Misérables est que ce film est bien parce que les gens sont tout d’abord méchants et après ils deviennent honnêtes comme Jean Valjean qui s’est réincarné en la personne de M. Madeleine.

Tichyque

  • J’ai trouvé que c’était très bien.
  • J’ai aimé l’acte honnête de monsieur Madeleine quand il va se dénoncer au tribunal d’Arras.
  • Si je compare le film de Raymond Bernard avec le livre de Victor Hugo, je préfère celui de Victor Hugo car il y a plus d’action et de dialogue, mais j’ai quand même bien aimé le film de Raymond Bernard.

Valentin

4 commentaires

mar.

28

févr.

2012

Les Misérables au CM2 ?

Les origines du projet

Depuis l'automne 2011, la médiathèque Boris-Vian de Tremblay-en-France propose aux écoles élémentaires de la ville que des bibliothécaires viennent dans les classes faire des lectures-feuilleton de grands textes classiques de la littérature jeunesse ou assimilée.

En mars et avril 2011, je suis donc intervenu dans la classe de CM2 de Mme LABAY, à l'école élémentaire Politzer, pour donner aux élèves une lecture à voix haute d'une sélection des Lettres de mon Moulin d'Alphonse Daudet. Lire « La Chèvre de monsieur Seguin » et « Le Secret de maître Cornille » à des enfants qui ne connaissent pas ces histoires a évidemment permis de partager avec la classe des moments privilégiés, entre une écoute toujours attentive et un temps de discussion et d'échange très fructueux. Le moment de plus surprenant de ce cycle aura certainement été la lecture d'un texte moins connu, « L'Homme à la cervelle d'or », conte fantastique d'une grande noirceur qui a reçu un accueil extrêmement favorable, sans doute grâce à ses allures de fable morale.

Première séance

  • Le Secret de maître Cornille
  • La Chèvre de monsieur Seguin

Deuxième séance

  • L'Installation
  • La Mule du pape

Troisième séance

  • Le sous-préfet aux champs
  • L'Homme à la cervelle d'or

Poursuivant sur cette lancée, j'ai proposé de terminer l'année scolaire sur la lecture intégrale de trois nouvelles de Maupassant : « La Parure », « Aux champs » et « Qui sait ? ». Le choix de ces trois textes m'était dicté par plusieurs critères :

— la volonté de lire trois nouvelles présentant les trois manières de Maupassant, un conte paysan, un conte bourgeois et un conte fantastique ;

— le désir de partager trois textes qui sont chers à mon coeur, que j'ai lus et relus jadis, que je savais posséder parfaitement ;

— le souvenir d'avoir moi-même été auditeur fasciné de « La Parure » et « Aux champs » quand j'étais en classe de sixième, souvenir qui alimente la certitude que cette littérature est accessible à un enfant de 11 ans, pour peu qu'un adulte soit là pour jouer le rôle du passeur et répondre à ses questions.

L'ambition a payé, ces lectures ont suscité l'enthousiasme des élèves et de l'enseignante, qui dans un premier temps avait émis un léger doute sur la difficulté et la longueur des textes. Il est vrai que le vocabulaire, très littéraire, ainsi que les réalités sociales évoquées, celles d'un XIXe siècle paysan ou bourgeois, semblaient réserver ces pages à d'autres lecteurs que des élèves de CM2 du centre ville de Tremblay-en-France. Mais la puissance du récit et leur position d'auditeur, non de lecteur, a permis aux élèves de passer au-delà de ces difficultés et d'atteindre au pur plaisir du texte.

Mme Labay et moi-même nous sommes alors interrogés sur la possibilité de construire, pour l'année scolaire 2011-2012, un projet d'une ambition comparable sur le plan littéraire, mais qui s'étalerait sur toute l'année. C'est au cours de cette réflexion qu'une collègue de la médiathèque, jamais en mal d'idées neuves, m'a glissé à l'oreille : « Et si tu leur lisais Les Misérables ? »

 

C'est ainsi que tout a commencé.

 

Hervé de La Haye

1 commentaires