mar.

22

mai

2012

Première partie : FANTINE

Première lecture

C'est finalement au début du mois de novembre 2011 que le cycle de lectures a commencé. À la rentrée de septembre, Mme Labay n'était pas certaine que ces élèves soient prêts, dès le début de l'année, à être lancés dans ce projet ; ce délai supplémentaire m'a donné le temps de travailler à l'établissement du texte et de me préparer à l'exercice toujours périlleux de la lecture à voix haute.

 

Peut être par inconscience, je n'étais pas inquiet devant la difficulté qu'allait représenter le style de Victor Hugo pour des élèves de CM2 ; ce qui me préoccupait, c'était le découpage de la première partie du roman.

 

Chacune des cinq parties du roman est divisée en un certain nombre de livres. Le premier livre de cette première partie, qui raconte la vie de l'évêque Myriel, pouvait à l'évidence être supprimé dans sa totalité (71 pages dans l'édition Folio que j'utilise). Cela me permettait de consacrer la toute première lecture à l'arrivée de Jean Valjean à Digne, au début du livre deuxième, jusqu'au moment où il frappe à la porte de l'évêque.

 

De ce deuxième livre, j'ai conservé le premier chapitre presque inchangé. Comme il me fallait tout de même couper quelques pages pour des raisons de durée, j'ai éliminé l'une des stations du calvaire de Jean Valjean (l'arrêt dans la seconde auberge, qui m'a semblé la plus redondante des étapes de ce parcours). J'ai également coupé un paragraphe racontant l'histoire de la première auberge et de son propriétaire, et le moment où Jean Valjean quitte la ville, erre quelque temps puis y entre à nouveau. Pour le reste, je n'ai pas modifié une seule phrase ni un seul mot. Dans le second chapitre, j'ai élagué plus généreusement pour arriver aussi rapidement que possible, une fois les personnages posés, au moment où l'on frappe à la porte. La première séance était prête !

Un matin de novembre, à Tremblay-en-France, j'ai donc pris le chemin de l'école élémentaire Politzer, mon premier volume des Misérables sous le bras, partant à la rencontre d'une classe de CM2.

 

Je ne savais pas comment cette première longue lecture serait accueillie par les élèves. Ce lent parcours d'un inconnu à la recherche d'un abri allait-il retenir leur attention ? Dès les premières minutes, il devint évident que oui, tant le silence attentif s'était installé, et durablement. Le style de Hugo passerait-il ? Peu sûr de moi, j'ai souvent, au cours de ma lecture, improvisé l'ajout de mots de liaison, notamment de « mais » destinés à augmenter l'intensité dramatique du texte, ce que j'ai progressivement abandonné. À la fin de cette première séance avec la classe, un moment d'échange, sous forme de questions et de réponses allant de part et d'autres — questions aux élèves pour sonder ce qu'ils avaient compris, questions des élèves sur quelques éléments de vocabulaire — a terminé de montrer que le projet était sur les rails et qu'il ne restait plus qu'à avancer.

Portraits de Jean Valjean

À la suite de cette première lecture du cyle, Mme LABAY a demandé à ses élèves de dessiner un portrait de Jean Valjean le jour de son arrivée à Digne. Je vous propose d'en découvrir un large éventail.

 

À ma grande surprise, des mois après, j'ai découvert que Valentin, l'un des élèves, s'était brillamment inspiré d'une gravure de l'époque de Victor Hugo, due à Gustave Brion ; je la reproduis ici également.

 

Hervé de La Haye

 

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