ven.

01

juin

2012

Projection du film de Raymond Bernard (2)

L'avis des élèves

  • J’ai bien aimé le film de Raymond Bernard.
  • J’ai aimé quand la police est venue chez les Thénardier et les a ramenés en prison, et j’ai bien aimé quand ils se sont battus contre Jean Valjean et qu’il les a tous battus un par un et la police est venue et Jean Valjean a sauté par la fenêtre pour ne pas que la police l’attrape.
  • Après la police est venue chez lui et ils ont dit « pourquoi tu t’es enfui ? » et après il a dit que ce n’était pas lui, mais c’était lui.

Abdoulaye

  • J’ai trouvé que le film était moins triste que la première partie.
  • J’ai bien aimé quand Jean Valjean a pris Cosette avec lui, et quand ils ont fêté l’anniversaire de Cosette.

Aïcha

  • J’ai bien aimé la deuxième partie des Misérables. En revanche, j’ai préféré la première car il y a eu plus d’émotion et de suspens.
  • Revenons sur la deuxième partie : mes moments préférés sont quand Jean Valjean et Thénardier se revoient et quand Marius va parler de Cosette à son grand-père qui est à vrai dire un peu bizarre.
  • Il y a aussi ceux qui ne m’ont pas tellement plu comme quand Cosette a eu ses seize ans et aussi quand Javert vient chez Jean Valjean avant qu’il ne s’échappe.
  • En additionnant toutes les remarques, je préfère la première partie que la deuxième.

Assia

  • J’ai bien aimé le film de Raymond Bernard, parce qu’il était marrant, triste et il y avait de l’action.

Bilel

  • J’ai adoré le film qu’on a regardé, car Cosette avait reçu sa poupée et Jean Valjean l’amenait avec lui. Surtout, ce que j’ai vu d’étrange, c’est que Cosette, quand elle a grandi, elle ressemble à Fantine, sa mère.
  • Quand Marius est parti chez son grand-père, il l’a reçu, il parlait bizarrement (le grand-père) et il a dit « non », je crois que c’est à cause de son nom de famille (Fauchelevent), alors il lui a dit d’en faire « sa maîtresse ».
  • Parfois dans le film ça coupe. J’ai aimé, quoi ! ça m’a beaucoup plu. Voilà.

Chaïma

  • Le film de Raymond Bernard était intéressant car il y avait des parties qu’il n’y a pas dans le livre. Au début, je n’avais pas trop compris : le film a directement commencé quand Marius vient à la fenêtre. Mais après j’ai compris que Raymond Bernard avait sauté des parties, sinon le film aurait pu être plus long.
  • Je n’ai pas aimé les musiques : elles n’étaient pas extraordinaires.
  • La deuxième partie était mieux car il y avait beaucoup plus d’action.
  • Sinon l’ensemble du film était bien. J’aime Gavroche quand il siffle et quand il parle avec Marius. J’ai aimé cette amitié entre les deux personnages.

Djibril

  • J’ai préféré la première partie du film que la deuxième. Car dans la première partie, le film était plus intéressant et il y avait moins de coupures.
  • Dans la deuxième partie, je n’ai pas vraiment aimé la bataille de Jean Valjean avec les Thénardier à cause de la violence qui m’a dérangée.
  • Par contre, j’ai bien aimé le personnage de Cosette. Car depuis qu’elle a rencontré Jean Valjean, elle a commencé à mûrir et à devenir une vraie femme.

Farah

  • Pour moi, la deuxième partie est plus intéressante que la première. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est lorsque Jean Valjean apporte un cadeau, une poupée à Cosette, et que Éponine et Azelma en étaient jalouses !

Hasna 

  • Je n’ai pas trop aimé ce film car monsieur Gillenormand ne savait pas jouer son rôle.
  • Je n’ai pas non plus tout détesté : la musique était superbe, Gavroche était excellent dans son rôle.

Julien

  • J’ai encore une fois apprécié le film Les Misérables car il était passionnant et il y avait de l’action.
  • J’ai notamment aimé quand Jean Valjean a rencontré Cosette dans la forêt ou quand Marius était devant la fenêtre de chez Cosette.
  • Mes personnages préférés sont Marius et Gavroche. J’aime beaucoup Gavroche car il est très drôle et très gentil.

Kelvin

  • Je n’ai pas trop aimé le film, car j’ai trouvé qu’il a duré trop longtemps et ça m’a ennuyé un peu.
  • J’ai aimé le moment où ils se sont battus, c’est le seul moment où j’ai ri.
  • Le film est moyen, mais toujours intéressant.

Khalid

  • La deuxième partie des Misérables m’a moins plu du fait qu’il y avait trop de coupures. Heureusement que je connaissais l’histoire sinon je me serais perdue.
  • Je n’ai pas aimé les scènes rajoutées comme quand Javert rencontre le père de Cosette et ils se battent car ça lui cause encore plus de problèmes. Mais j’ai aimé la scène où Jean Valjean rencontre Marius car Cosette ne va pas arrêter de le voir.

Meriam

  • Mon avis est que la deuxième partie du film est aussi bien que la première. Comme je l’ai dit, Marius et Cosette font un beau couple. J’aime bien ce moment car ça me fait des papillons dans le cœur. Et j’ai trouvé qu’il y avait une grande ressemblance entre Fantine et sa fille.
  • Ce qui ne me plaît pas, c’est que les Thénardier sont beaucoup trop méchants, mais si Victor Hugo avait écrit une histoire avec des gentils ça ne serait pas intéressant alors que méchants et gentils vont bien ensemble.
  • Puis j’ai trouvé Éponine très amoureuse de Marius, car elle lui range sa chambre tous les jours. Et j’ai adoré Gavroche, il est très marrant et généreux avec ses sœurs, il leur a donné tout son dîner car elles avaient faim.
  • À la fin, ce que j’ai détesté c’est le moment où ils les frappaient, je les voyais souffrir, ils se protégeaient de leurs bras en sang, ils criaient comme des fous, de peur, et Jean Valjean les regardait avec de la peine et il dit : « Ce sont des bagnards. » Voilà le sujet que je tenais à préciser parmi tous les passages, car ça m’a touchée beaucoup.

Naïma

  • J’ai bien aimé la deuxième partie des Misérables.
  • Ce que j’ai vraiment aimé, c’est l’anniversaire de Cosette, et elle ressemble beaucoup à Fantine.
  • Cependant, je n’avais pas imaginé Marius, Cosette, Gavroche et Fauchelevent comme ça. Et aussi M. Thénardier dit beaucoup de gros mots.

Nesrine

  • Je pense que le film était très bien. J’ai apprécié quand Cosette a fêté ses seize ans, elle ressemble beaucoup à sa mère, elle avait la même robe.
  • La maison de Jean Valjean n’est pas comme j’ai imaginé, le jardin est encore plus beau.
  • Gavroche était encore plus bavard que je pensais.
  • Je ne pensais pas que le grand-père de Marius habitait dans une telle maison. J’ai pensé qu’il n’était pas si vieux. Nous n’avons pas dit que son grand-père regardait les parties du corps des femmes avant de les accepter comme employées.
  • En tout cas, j’ai bien apprécié la deuxième partie. Elle exprime la tristesse pour Marius et Cosette, l’amour pour eux, la bagarre pour Jean Valjean, la manipulation pour les Thénardier.

Orokia

  • Mon avis sur la deuxième partie du film Les Misérables de Raymond Bernard, c’est que j’ai aimé le guet-apens, Marius, Cosette et Gavroche. Ce que je n’ai pas apprécié : Javert !

Rayane

  • J’ai bien aimé la deuxième partie du film Les Misérables de Raymond Bernard. C’était drôle !
  • Mes moments préférés, c’est quand Jean Valjean aide Cosette à porter le seau et quand il lui achète la poupée. J’ai trouvé ce passage triste.
  • L’épisode où Gavroche siffle est un de mes moments préférés.
  • Lorsqu’il y a eu le guet-apens entre les Thénardier et Jean Valjean, j’ai adoré, c’était magique et fantastique.
  • Nous n’avons pas trop vu Cosette et Marius ensemble, il n’y avait pas la scène où ils s’embrassaient.
  • Beaucoup de moments étaient enlevés et certains étaient rajoutés. J’aurais bien voulu que ce soit comme dans le livre de Victor Hugo.

Shaïnez

  • J’ai plus apprécié la deuxième partie du film car il y avait plus d’action.
  • La partie qui m’a le plus intéressé, c’est celle où les Thénardier on fait la comédie. C’était drôle.

Sofiane

  • Mon avis sur la deuxième partie des Misérables est que c’est moins bien que la première partir parce qu’on a vu directement les 16 ans de Cosette et on n’a pas vu quand elle et Marius se sont rencontrés au jardin du Luxembourg.

Tichyque

  • J’ai bien aimé le film. J’ai aimé quand Jean Valjean se bagarre contre les hommes de Jondrette.

Valentin

  • Je n’ai pas trop aimé le deuxième épisode du film Les Misérables. Il n’y avait pas beaucoup d’action et je ne comprenais pas trop le film.
  • Moi, où j’ai le plus aimé, c’est quand il ya eu le guet-apens. Mais je ne comprenais pas pourquoi Marius n’a pas tiré pour prévenir la police et Javert.

Youness

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ven.

25

mai

2012

Exposition à la médiathèque Boris Vian

Du 4 au 26 mai 2012, une sélection de dessins réalisés tout au long de l'année par les élèves de CM2 est présentée à la médiathèque. On peut ainsi découvrir une galerie de portraits de Jean Valjean, de Fantine, Cosette, Gavroche, ainsi que plusieurs illustrations des scènes-clefs du roman.

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jeu.

24

mai

2012

Les Misérables au CM2 : l'avis des élèves

Au mois de mai 2012, le réalisateur Vincent ESCRIVE est venu dans la classe de Mme LABAY pour filmer la séance de lecture. Pendant le reste de la journée, chaque élève a ensuite été convié à dire librement, face à la caméra, ce qu'il pense du projet, du roman de Victor Hugo, et à évoquer ses personnages ou passages préférés.

 

Vincent Escrive en a tiré un film de 15 minutes qui sera présenté à la médiathèque de Tremblay-en-France le vendredi 25 mai à 16h30.

 

Pour préparer cette prise de parole devant la caméra, les élèves ont écrit quelques lignes sur papier, que je vous propose de lire ici même.

 

Hervé de La Haye

  • J’aime beaucoup Les Misérables.
  • En plus, M. de La Haye nous l’interprète bien. Mais je trouve parfois cela trop difficile à comprendre. En revanche, il reste mon livre préféré.
  • Avec ma classe, j’ai vu une partie du film en noir et blanc et personnellement, j’ai bien aimé.

Assia

  • J’ai trouvé le livre très triste, surtout quand Cosette était chez les Thénardier, car ils la maltraitaient. J’ai bien aimé quand Cosette et Marius étaient amoureux, même si elle a déménagé et cela était triste. J’ai apprécié quand les Thénardier sont partis en prison, car ils ont été punis.
  • Je n’ai pas aimé quand Fantine est décédée. Et quand j’ai vu le film, j’ai trouvé que c’était plus triste en le lisant.

Aïcha

  • J’aime beaucoup la façon de M. de La Haye quand il nous raconte les histoires de Victor Hugo, parce qu’il prend le ton, la voir, et qu’on se croirait dans l’histoire. Quand il nous pose des questions, j’apprécie, ça nous permet de voir si on a bien compris.

Bilel

  • Les Misérables, c’est une histoire triste qui parle de la pauvreté. En même temps ça parle de la vérité.
  • Cette histoire a toujours du suspense. Elle histoire est lue par plein de gens qui aiment, ça touche du monde qui essaie de la comprendre, de se sentir comme le personnage.
  • J’aime Les Misérables de Victor Hugo !

Chaïma

  • J’aime le projet des Misérables car M. de La Haye consacre beaucoup de temps à nous lire des extraits.
  • Il y a beaucoup de parties que j’aime bien. Ça nous apprend des mots d’autres langages, c’est intéressant.
  • Je préfère le film car je vois les personnages alors que dans la lecture on ne les voit pas, en revanche j’aime quand on doit inventer une histoire dans notre tête.

Djibril

  • J’ai beaucoup aimé le film qu’on a vu à la médiathèque. Je n’imaginais pas les personnages de cette façon. Je les ai vraiment appréciés ces personnages-là. Mais j’ai aussi beaucoup apprécié la lecture.

Farah

  • J’ai bien aimé car Jean Valjean et Marius sont très courageux. Gavroche est drôle. C’était triste quand Éponine, M. Mabeuf et Fantine sont morts. Et Marius va mourir si Cosette ne revient plus…

Hamet

  • C’est un roman que je trouve émouvant. Il parle beaucoup de pauvreté, ce que je trouve plutôt intéressant. Ce livre décrit la vie des gens misérable, comme Fantine, l’un des personnages principaux, qui raconte son destin tragique. Des personnages liés à un même destin !

Hasna

  • Beaucoup trop long, mais ce roman est le plus célèbre de Victor Hugo, son plus lu.
  • Sous l’écriture de Victor Hugo, les personnages et leurs destins se dessinent. On tourne les pages en imaginant à peine la suite, car l’auteur sait nous surprendre.
  • C’est un récit où il y a plein d’action, mais pas seulement. Il est également constitué de réflexions sur la vie, sur les relations des personnages et leurs défauts.
  •  Un chef-d’œuvre à lire de génération en génération.

Julien

  • J’apprécie Les Misérables car ça nous apprend qu’il ne faut pas être méchant avec les pauvres mais au contraire. Mon personnage préféré est Marius car il est gentil et très intelligent. Les personnages que je n’aime pas sont les Thénardier car ils sont méchants et ils ne sont pas discrets. Je n’attends que la suite de l’histoire !

Kelvin

  • Je trouve que le projet sur Les Misérables est intéressant, j’aime tout ce que l’on fait, surtout le film. C’est dommage que le roman ne soit pas drôle.

Khalid

  • J’apprécie vraiment le projet sur Les Misérables, surtout quand M. de La Haye vient lire en classe. J’aime comment il lit. Même si au début j’ai cru que je n’allais pas aimer, je me suis trompé car j’aime beaucoup, surtout le début et ce qui se passe en ce moment (la barricade). Il y a beaucoup d’action et de tristesse.

Meriem

  • Je pense que le projet sur Les Misérables est vraiment bien, car on peut savoir la vie d’autrefois. C’est une histoire romantique, triste, méchante.
  • Ce qui me plaît dans cette histoire c’est que Marius est amoureux de la fille et son père ne veut pas. C’est normal, tous les pères tiennent à leurs enfants.
  • Ce qui me rend triste, c’est qu’Éponine est amoureuse du beau garçon et qu’elle a perdu sa vie pour lui.

Naïma

  • J’ai bien aimé le film Les Misérables, j’ai trouvé qu’il est très détaillé par rapport à la lecture.
  • J’ai bien apprécié les personnages. M. Madeleine, j’ai remarqué qu’il est honnête et gentil. Dès qu’il a repris Cosette chez les Thénardier, j’ai trouvé que c’est très gentil de sa part. Les Thénardier prennent Cosette pour une bonne, ça ne se fait pas.

Nesrine

  • J’ai bien apprécié le projet sur Les Misérables. Ce livre exprime la joie, la colère et la tristesse.
  • Le mot misérable signifie indigent, déshérité, malheureux, méprisable.
  • Grâce à ce projet nous avons un site pour la classe, avec des dessins que la classe a faits sur Les Misérables.

Orokia

  • Les Misérables, j’aime ce livre car il est émouvant.

Rayane

  • J’ai bien aimé l’histoire Les Misérables de Victor Hugo avec M. de La Haye. C’est une histoire intéressante, drôle et touchante. Mes moments préférés sont quand Jean Valjean arrive à Digne et quand il va chercher Cosette chez les Thénardier. J’ai aussi aimé le film de Raymond Bernard. J’espère que nous pourrons continuer Victor Hugo au collège.

Shaïnez

  • C’est captivant de parler des Misérables, comme le personnage de Jean Valjean, qui s’est réincarné en la personne de M. Madeleine et Ultime Fauchelevent.

Tichyque

  • J’ai bien aimé Les Misérables, c’était drôle. Je n’ai seulement pas aimé quand Fantine est morte, c’était triste !
  • Il y avait de l’action. Il y avait une langue qu’on ne connaissait pas et qu’on a appris.
  • J’aime bien le livre Les Misérables de Victor Hugo. Victor Hugo dit dans son livre comment les gens vivaient autrefois. Je ne pensais pas que dans le livre il y aurait de l’action.

Valentin

  • J’ai bien aimé le film, plus que la lecture.
  • Il y a beaucoup d’action, d’amour et d’amitié. J’aime bien quand il y a de l’amour et la barricade.

Youness

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mer.

23

mai

2012

Première partie : FANTINE (suite)

Le découpage en séances

L'établissement du texte qui sera lu en classe commence tout simplement avec un stylo et mon édition de poche, que je rature pour supprimer les passages que je décide de couper (voir photo ci-dessous).

 

Pour une séance de travail d'une heure environ, questions et discussion comprises, le texte lu à voix haute représente à chaque fois un maximum de 25.000 signes. Pour respecter ce calibrage, j'ai commencé par télécharger l'intégralité du roman en mode texte, ce qui m'a permis de fabriquer ma version abrégée des Misérables dans un logiciel de traitement de texte, en mesurant au fur et à mesure chaque épisode jusqu'à obtenir la longueur souhaitée.

 

Assez vite, il m'est apparu que si je voulais me plier à la contrainte initiale de 6 séances pour chacune des parties du roman, il me faudrait dans cette première partie sacrifier totalement « l'affaire Champmatthieu ». Après un moment d'hésitation, j'ai fait le choix que la plupart des scénaristes et adaptateurs ont fait avant moi, celui de rompre l'équilibre des parties en consacrant plus d'espace à la première, quitte à rogner sur les autres pour ne pas déborder de l'objectif que je m'étais fixé, à savoir entre 25 et 30 séances pour parcourir la totalité du roman.

 

J'ai donc conservé l'affaire Champmatthieu et amené à 9 le nombre de séances pour la première partie du roman.

 

L'autre difficulté que j'ai rencontré concerne le début de l'histoire de Fantine, son idylle avec Tholomyès et la naissance de Cosette. Ces événements ne sont qu'à peine esquissés dans le troisième livre, où le récit se concentre sur l'abandon de Fantine par Tholomyès. J'ai donc extrait de ce livre quelques bribes de phrases pour constituer un résumé de cette histoire et permettre aux élèves de comprendre la suite.

 

Ci-dessous, je donne le découpage en 9 séances de la première partie des Misérables. J'indique pour chaque séance les livres et chapitres concernés. Les suppressions de chapitres complets sont signalées. Je donne également, pour chaque séance, la première et la dernière phrase.

 

Ces textes ont été lus à voix haute dans la classe de CM2 de Mme LABAY en novembre et décembre 2011, à raison de deux séances hebdomadaires.

 

Hervé de La Haye

Détail du découpage

Séance 1

Livre deuxième — LA CHUTE

Chapitres I et II.

 

Dans les premiers jours du mois d'octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville de Digne.

— Entrez, dit l'évêque.

Exemple : coupes effectuées dans le texte du livre deuxième, chapitre II.

 

La suppression de la description du travail de l'évêque ne gêne pas la progression du récit ni la bonne compréhension de ce qui va suivre.

Séance 2

Chapitres III à IX. (Suppression des chapitres IV et VIII ; chapitre VII ramené à 1 page.)

 

La porte s'ouvrit.

Voilà ce qui lui était arrivé à Grasse. On a vu de quelle façon il avait été accueilli à Digne.

Séance 3

Chapitres X à XIII

 

Donc, comme deux heures du matin sonnaient à l'horloge de la cathédrale, Jean Valejan se réveilla.

C'était la première fois qu'il pleurait depuis dix-neuf ans.

Séance 4

Livre troisième — EN L'ANNÉE 1817

Chapitres II et IX condensés en quelques lignes.

 

Livre quatrième — CONFIER, C'EST QUELQUEFOIS LIVRER

Chapitres I et III. (Chapitre II supprimé.)

 

Fantine était un de ces êtres comme il en éclôt, pour ainsi dire, au fond du peuple.

Seulement la pauvre alouette ne chantait jamais.

Séance 5

Livre cinquième — LA DESCENTE

Chapitres I à VII

 

Cette mère cependant qui, aux dires des gens de Montfermeil, semblait avoir abandonné son enfant, que devenait-elle ? où était-elle ? que faisait-elle ?

Le métier était tout nouveau pour Fantine, elle n'y pouvait être bien adroite, elle ne tirait donc de sa journée de travail que peu de chose, mais enfin cela suffisait, le problème était résolu, elle gagnait sa vie.

Séance 6

Chapitres VIII à XIII

 

Quand Fantine vit qu'elle vivait, elle eut un moment de joie.

Elle regarda comme hébétée cet homme qui lui parlait.

Puis elle s'évanouit.

Séance 7

Livre sixième — JAVERT

Chapitres I et II

 

Livre septième — L'AFFAIRE CHAMPMATTHIEU

Chapitre I. (Chapitre II supprimé).

Chapitre III ramené à 1 page.

Chapitres IV et V supprimés

Chapitre VI.

 

M. Madeleine fit transporter Fantine à cette infirmerie qu'il avait dans sa propre maison.

— Mon enfant, dit la sœur, tâchez de vous reposer maintenant, et ne parlez plus.

Séance 8

Chapitres VII à X. (Chapitre VIII ramené à 1 ligne : « Il était dans la salle d'audience. »)

 

Il était près de huit heures du soir quand la carriole entra sous la porte cochère de l'hôtel de la Poste à Arras.

 

Le président, l'avocat général, M. Bamatabois, vingt personnes, le reconnurent, et s'écrièrent à la fois :

— Monsieur Madeleine !

Séance 9

Chapitre XI

 

Livre huitième — CONTRE-COUP

Chapitres I à V (chapitre III supprimé).

 

C'était lui en effet.

 …

Elle fut jetée à la fosse publique. Sa tombe ressemble à son lit.

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mar.

22

mai

2012

Première partie : FANTINE

Première lecture

C'est finalement au début du mois de novembre 2011 que le cycle de lectures a commencé. À la rentrée de septembre, Mme Labay n'était pas certaine que ces élèves soient prêts, dès le début de l'année, à être lancés dans ce projet ; ce délai supplémentaire m'a donné le temps de travailler à l'établissement du texte et de me préparer à l'exercice toujours périlleux de la lecture à voix haute.

 

Peut être par inconscience, je n'étais pas inquiet devant la difficulté qu'allait représenter le style de Victor Hugo pour des élèves de CM2 ; ce qui me préoccupait, c'était le découpage de la première partie du roman.

 

Chacune des cinq parties du roman est divisée en un certain nombre de livres. Le premier livre de cette première partie, qui raconte la vie de l'évêque Myriel, pouvait à l'évidence être supprimé dans sa totalité (71 pages dans l'édition Folio que j'utilise). Cela me permettait de consacrer la toute première lecture à l'arrivée de Jean Valjean à Digne, au début du livre deuxième, jusqu'au moment où il frappe à la porte de l'évêque.

 

De ce deuxième livre, j'ai conservé le premier chapitre presque inchangé. Comme il me fallait tout de même couper quelques pages pour des raisons de durée, j'ai éliminé l'une des stations du calvaire de Jean Valjean (l'arrêt dans la seconde auberge, qui m'a semblé la plus redondante des étapes de ce parcours). J'ai également coupé un paragraphe racontant l'histoire de la première auberge et de son propriétaire, et le moment où Jean Valjean quitte la ville, erre quelque temps puis y entre à nouveau. Pour le reste, je n'ai pas modifié une seule phrase ni un seul mot. Dans le second chapitre, j'ai élagué plus généreusement pour arriver aussi rapidement que possible, une fois les personnages posés, au moment où l'on frappe à la porte. La première séance était prête !

Un matin de novembre, à Tremblay-en-France, j'ai donc pris le chemin de l'école élémentaire Politzer, mon premier volume des Misérables sous le bras, partant à la rencontre d'une classe de CM2.

 

Je ne savais pas comment cette première longue lecture serait accueillie par les élèves. Ce lent parcours d'un inconnu à la recherche d'un abri allait-il retenir leur attention ? Dès les premières minutes, il devint évident que oui, tant le silence attentif s'était installé, et durablement. Le style de Hugo passerait-il ? Peu sûr de moi, j'ai souvent, au cours de ma lecture, improvisé l'ajout de mots de liaison, notamment de « mais » destinés à augmenter l'intensité dramatique du texte, ce que j'ai progressivement abandonné. À la fin de cette première séance avec la classe, un moment d'échange, sous forme de questions et de réponses allant de part et d'autres — questions aux élèves pour sonder ce qu'ils avaient compris, questions des élèves sur quelques éléments de vocabulaire — a terminé de montrer que le projet était sur les rails et qu'il ne restait plus qu'à avancer.

Portraits de Jean Valjean

À la suite de cette première lecture du cyle, Mme LABAY a demandé à ses élèves de dessiner un portrait de Jean Valjean le jour de son arrivée à Digne. Je vous propose d'en découvrir un large éventail.

 

À ma grande surprise, des mois après, j'ai découvert que Valentin, l'un des élèves, s'était brillamment inspiré d'une gravure de l'époque de Victor Hugo, due à Gustave Brion ; je la reproduis ici également.

 

Hervé de La Haye

 

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mer.

11

avril

2012

Exposition à l'école Politzer

Depuis le début du travail avec la classe de CM2 de Mme Labay, en novembre 2011, les élèves ont réalisé un grand nombre de dessins, qui illustrent les moments-clefs des Misérables ou sont le portrait des principaux personnages du roman. À l'extérieur de la salle de classe, un vaste panneau d'affichage a été mis en place pour présenter des éléments de ce travail ; cette exposition est ainsi en permanente évolution. Voici à quoi elle ressemblait le matin du 22 mars 2012.

Vue d'ensemble
Vue d'ensemble
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jeu.

29

mars

2012

Quelques dessins des élèves

Depuis le début de la lecture des Misérables dans la classe de CM2 de Mme LABAY, les élèves ont été invités à réaliser plusieurs dessins inspirés de certains passages du roman. Pour illustrer le blog, chacun a choisi parmi ses dessins celui qu'il souhaitait voir figurer ici. Nous découvrons donc, avec beaucoup de variations, d'invention et parfois un talent réel 21 illustrations consacrées aux thèmes suivants :

— Jean Valjean sur la route de Digne ;

— Javert, l'inspecteur de police de Montreuil-sur-Mer ;

— Fantine a besoin d'argent (elle vent ses cheveux, puis ses dents) ;

— Cosette transformée par son séjour chez les Thénardier ;

— Jean Valjean et Cosette en route pour Paris ;

— le coup de foudre de Marius aux jardins du Luxembourg (la scène qui a le plus inspiré les élèves) ;

— Marius pense à la jeune fille ;

— le guet-apens dans la masure Gorbeau.

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mar.

27

mars

2012

Les Misérables au CM2 ? (suite)

Construction du projet

Au cours de l'été 2011, j'ai donc relu Les Misérables, dans la belle édition établie par Yves Gohin, en tâchant de garder à l'esprit la question suivante : quel programme de lecture pouvais-je élaborer pour une classe de CM2 ?

 

Mon idée initiale était d'effectuer une sélection de pages célèbres et de proposer, tout au long de l'année, la lecture de ces extraits, encadrée par une mise en contexte et un résumé oral des chapitres intermédiaires, sachant que je m'imposais la même contrainte que pour les nouvelles de Maupassant : donner une lecture de Victor Hugo où le texte ne soit ni simplifiée ni édulcoré — autant que possible, intact.

 

À l'échelle des différents livres qui constituent les cinq parties du roman, ma lecture a conforté cette hypothèse de travail : Hugo est généreux en digressions, souvent de dimensions impressionnantes ; les chapitres consacrés à la bataille de Waterloo, à l'histoire des égouts de Paris ou aux origines d'un ordre religieux fictif pouvaient tout entiers passer à la trappe sans regret, bien que j'y aie trouvé mon plaisir de lecteur adulte.

Mais une fois enlevées ces digressions, restait un roman-feuilleton gigantesque qui me semblait encore supérieur à la somme de ses parties. En isoler des pages célèbres, fabriquer en quelque sorte le Lagarde et Michard des Misérables, cela me déplaisait : qu'est la rencontre avec Cosette dans le bois de Montfermeil si elle est coupée de la longue marche de Jean Valjean depuis Digne et sa rencontre avec Petit-Gervais ? Qu'est la tempête sous le crâne de M. Madeleine sans l'écho qu'elle trouve dans le dilemme de Marius hésitant entre sauver sa bien-aimée et honorer le serment à son père, et le déchirement de Javert face à son devoir d'arrêter l'homme à qui il doit la vie ?

 

En fin de compte, construire une anthologie des grandes scènes des Misérables aurait largement entamé l'impact dramatique de ces scènes, solidaires d'une structure plus vaste qui leur donne toute leur force.

 

Après mûre réflexion, j'ai donc abandonné cette idée et commencé à constituer une véritable édition abrégée du roman à destination d'une classe de CM2 et destinée à être lue à voix haute pendant une année. Coïncidence utile, l'année scolaire se divise en cinq période comme le roman est constitué de cinq parties. Il devenait possible, à raison d'une séance hebdomadaire d'une heure, de concentrer l'essentiel de chaque partie du roman sur cinq ou six lectures — donc, de balayer le roman complet au cours de toute l'année, avec une trentaine d'interventions environ.

 

C'est le projet que j'ai présenté à Mme Labay, qui l'a accueilli avec enthousiasme, et à la médiathèque, qui m'a donné le feu vert.

 

Sans renier l'ambition de lire aux élèves le véritable texte d'Hugo et non une version frelatée, je me suis alors consacré au travail d'orfèvre consistant à condenser les chapitres qui m'intéressaient. Le calvaire de Jean Valjean à Digne, chassé de toutes les maisons, pouvait être soulagé d'une ou deux stations sans que le sens général du récit n'en soit altéré. Au cours de ce travail, j'ai toujours privilégié la suppression d'une page à celle d'un paragraphe, la suppression d'un paragraphe à celle d'une phrase, la suppression d'une phrase à celle d'un mot.

 

Le résultat (que je publierai ultérieurement sur ce blog) n'est donc ni une suite d'extraits, ni une réécriture destinée à la jeunesse : c'est une édition abrégée qui respecte la densité et le rythme du roman de Victor Hugo, et sous une forme, ne l'oublions pas, destinée avant tout à être lue à voix haute — sachant que j'allais devoir me faire l'aède des Misérables, j'ai également pris en compte la connaissance que j'avais de mes qualités et défauts de lecteur, pour construire un objet littéraire avec lequel j'allais être à l'aise. J'ai ainsi largement sacrifié, en fin de compte, le chapitre « Tempête sous un crâne », dont je n'ai gardé que quelques lignes, car je ne pensais pas pouvoir le faire vivre à voix haute ; à l'inverse j'ai largement conservé les hésitations nocturnes de Jean Valjean dans la chambre de l'évêque parce que je savais exactement comment j'allais donner vie à ce passage. En quelque sorte, j'ai construit la route devant moi, livre à livre, en espérant trébucher le moins possible.

 

Restait une inconnue de taille : les élèves allaient-ils me suivre ?

 

Hervé de La Haye

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sam.

24

mars

2012

Projection du film de Raymond Bernard

Première époque : Tempête sous un crâne

Le matin du jeudi 8 mars, la classe de CM2 de Mme Labay est venue à la médiathèque Boris Vian pour assister à la projection de la première partie du film de Raymond Bernard Les Misérables (1934).

 

Dès le démarrage du projet, j’avais en tête l’idée de montrer aux élèves une adaptation cinématographique du roman et je songeais au film de Raymond Bernard, à mes yeux le plus beau, le plus fidèle – le meilleur. De surcroît, les confronter à un film ancien, en noir et blanc, esthétiquement à mille lieues des films qu’ils ont l’habitude de voir, me semblait en parfaite cohérence avec le projet.

 

Au début du cycle de lecture, Mme Labay a insisté auprès des élèves pour qu’en écoutant le texte, ils se fassent à chaque fois leur propre représentation mentale, construisant comme un film dans leur tête. Il me semblait qu’après plusieurs mois de lecture, ces représentations subjectives ayant eu le temps de se développer et de mûrir, placer les élèves face à la vision élaborée par un cinéaste pouvait être une expérience fructueuse. Elle le fut.

 

Dans les jours qui ont suivi cette première séance de projection, les élèves ont été invités à rédiger une page, à partir de la consigne suivante : Donne ton avis sur le film Les Misérables de Raymond Bernard et compare-le avec les lectures du texte de Victor Hugo.

 

Ci-dessous, un aperçu des productions écrites des élèves.

L'avis des élèves

  • J’ai bien aimé ce film, car il est bien fait, même si les personnages ne sont pas tout à fait comme l’explique Victor Hugo.
  • En revanche, quand on compare le livre et le film, on remarque que le livre est plus compliqué à comprendre que le film.
  • Je suis très contente d’avoir vu le film car j’ai enfin compris certains passages.
  • J’ai bien envie de voir les autres films des Misérables pour savoir lequel je préfère. Le film de Raymond Bernard était génial, j’étais vraiment dedans, même si la classe rigolait parfois pour rien, la majorité a sûrement aimé.

Assia

  • Le film de Raymond Bernard, j’ai bien aimé car il ne met que les moments les plus intéressants.
  • Mes meilleurs moments dans le livre de Victor Hugo sont quand Jean Valjean part récupérer Cosette et en même temps il va à Arras pour se dénoncer.
  • Les acteurs du film de Raymond Bernard m’ont plu. J’ai bien aimé les personnages car je ne les imaginais pas comme ça.

Djibril

  • Je n’ai pas aimé le film Les Misérables. Jean Valjean, je le pensais plus jeune, un peu moins gros, et Cosette je l’avais imaginée un peu plus âgée.
  • Je préfère la lecture, en plus les personnages étaient mieux faits dans le film que j’avais imaginé en écoutant la lecture.

Julien

  • Le film m’a beaucoup touché car je n’imaginais pas qu’il serait avec si peu d’action et aussi court.
  • Il y avait dans le texte des passages intéressants comme la vente des cheveux et des dents de Fantine. Certains passages n’apparaissent pas dans le film, donc j’ai été déçu, mais j’ai bien aimé !
  • Je n’imaginais pas les personnages comme dans le film, Cosette par exemple était grande pour son âge.

Kelvin

  • J’ai trouvé que le film était bien, du fait qu’il manquait des parties, comme lorsque Fantine n’avait pas les cheveux longs dès le début du film, ou Cosette je ne l’imaginais pas comme ça, ni Éponine et Azelma. Quant à Javert, je l’imaginais encore plus méchant !
  • Ma partie préférée est quand Jean Valjean se dénonce et quand il défend Fantine ; aussi quand il a sauvé le père Fauchelevent.

Meriam

  • J’ai trouvé le film très proche de la lecture du texte. Et tous les personnages étaient ceux que j’imaginais. Mais j’aurais préféré que le film soit en couleurs. Puis cela m’a permis de voir un film très ancien et cela m’a beaucoup plu.
  • Fantine me faisait de la peine parce qu’elle voulait tellement voir sa fille, elle demandait toujours si M. Madeleine allait venir avec sa fille ; la pauvre est morte en voyant Javert car elle pensait que Javert allait l’arrêter et elle est morte en chantant une berceuse pour Cosette.

Naïma

  • J’ai bien aimé voir le film des Misérables, mais j’aurais voulu qu’on finisse ! Cependant, ça m’a permis de voir que ma représentation mentale n’était pas fausse.

Nesrine

  • J’ai bien aimé le film que nous avons vu à la médiathèque, il était très bien et détaillé. Mon passage préféré, c’est quand Jean Valjean arrive à Digne.
  • En ce qui me concerne, le film réalisé par Raymond Bernard et la lecture du texte de Victor Hugo m’ont beaucoup touchée. J’espère que nous irons voir la deuxième partie du film.

Shaïnez

  • Mons avis sur Les Misérables est que ce film est bien parce que les gens sont tout d’abord méchants et après ils deviennent honnêtes comme Jean Valjean qui s’est réincarné en la personne de M. Madeleine.

Tichyque

  • J’ai trouvé que c’était très bien.
  • J’ai aimé l’acte honnête de monsieur Madeleine quand il va se dénoncer au tribunal d’Arras.
  • Si je compare le film de Raymond Bernard avec le livre de Victor Hugo, je préfère celui de Victor Hugo car il y a plus d’action et de dialogue, mais j’ai quand même bien aimé le film de Raymond Bernard.

Valentin

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mar.

28

févr.

2012

Les Misérables au CM2 ?

Les origines du projet

Depuis l'automne 2011, la médiathèque Boris-Vian de Tremblay-en-France propose aux écoles élémentaires de la ville que des bibliothécaires viennent dans les classes faire des lectures-feuilleton de grands textes classiques de la littérature jeunesse ou assimilée.

En mars et avril 2011, je suis donc intervenu dans la classe de CM2 de Mme LABAY, à l'école élémentaire Politzer, pour donner aux élèves une lecture à voix haute d'une sélection des Lettres de mon Moulin d'Alphonse Daudet. Lire « La Chèvre de monsieur Seguin » et « Le Secret de maître Cornille » à des enfants qui ne connaissent pas ces histoires a évidemment permis de partager avec la classe des moments privilégiés, entre une écoute toujours attentive et un temps de discussion et d'échange très fructueux. Le moment de plus surprenant de ce cycle aura certainement été la lecture d'un texte moins connu, « L'Homme à la cervelle d'or », conte fantastique d'une grande noirceur qui a reçu un accueil extrêmement favorable, sans doute grâce à ses allures de fable morale.

Première séance

  • Le Secret de maître Cornille
  • La Chèvre de monsieur Seguin

Deuxième séance

  • L'Installation
  • La Mule du pape

Troisième séance

  • Le sous-préfet aux champs
  • L'Homme à la cervelle d'or

Poursuivant sur cette lancée, j'ai proposé de terminer l'année scolaire sur la lecture intégrale de trois nouvelles de Maupassant : « La Parure », « Aux champs » et « Qui sait ? ». Le choix de ces trois textes m'était dicté par plusieurs critères :

— la volonté de lire trois nouvelles présentant les trois manières de Maupassant, un conte paysan, un conte bourgeois et un conte fantastique ;

— le désir de partager trois textes qui sont chers à mon coeur, que j'ai lus et relus jadis, que je savais posséder parfaitement ;

— le souvenir d'avoir moi-même été auditeur fasciné de « La Parure » et « Aux champs » quand j'étais en classe de sixième, souvenir qui alimente la certitude que cette littérature est accessible à un enfant de 11 ans, pour peu qu'un adulte soit là pour jouer le rôle du passeur et répondre à ses questions.

L'ambition a payé, ces lectures ont suscité l'enthousiasme des élèves et de l'enseignante, qui dans un premier temps avait émis un léger doute sur la difficulté et la longueur des textes. Il est vrai que le vocabulaire, très littéraire, ainsi que les réalités sociales évoquées, celles d'un XIXe siècle paysan ou bourgeois, semblaient réserver ces pages à d'autres lecteurs que des élèves de CM2 du centre ville de Tremblay-en-France. Mais la puissance du récit et leur position d'auditeur, non de lecteur, a permis aux élèves de passer au-delà de ces difficultés et d'atteindre au pur plaisir du texte.

Mme Labay et moi-même nous sommes alors interrogés sur la possibilité de construire, pour l'année scolaire 2011-2012, un projet d'une ambition comparable sur le plan littéraire, mais qui s'étalerait sur toute l'année. C'est au cours de cette réflexion qu'une collègue de la médiathèque, jamais en mal d'idées neuves, m'a glissé à l'oreille : « Et si tu leur lisais Les Misérables ? »

 

C'est ainsi que tout a commencé.

 

Hervé de La Haye

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